Hawaï recycle le plastique marin dans ses routes
Photo : stinne24 / PixabayDe nombreux projets et idées d'éco-conception s'intéressent aux océans. Certains transforment les déchets des pêcheries en cuir de luxe, tandis que d'autres récupèrent gobelets et filets fantômes pour en faire des baskets ou des lunettes de soleil. À Hawaï, l'approche adoptée est un peu plus terre à terre : les déchets plastiques sont intégrés dans l'enrobé des routes !
L'archipel est confronté à une pollution plastique de plus en plus présente, à un point où les plages hawaïennes ont tout perdu de leur sex-appeal. Alors que ses décharges approchent dangereusement de la saturation et que son isolement géographique rend le recyclage quasi impossible, il fallait coûte que coûte trouver une solution alternative. Des étudiants ont bien inventé une machine pour nettoyer les plages, mais pour traiter les dizaines de tonnes de déchets plastiques qui s'échouent chaque année sur les littoraux d'Hawaï, il était impératif d'agir à plus grande échelle. C'est là qu'interviennent les chercheurs de l'Hawaii Pacific University.
En partenariat avec différents établissements scientifiques locaux, de même qu'avec le Département des transports d'Hawaï (HDOT), ces scientifiques ont planché sur un procédé permettant de transformer le plastique marin en granulés avant de les incorporer dans le bitume. Leur but : remplacer les polymères habituellement additionnés aux enrobés hawaïens pour en renforcer la résistance, notamment face aux fortes chaleurs ainsi qu'aux très fréquentes pluies tropicales.
Les premiers tests ont débuté en 2022 sur l'île d'O'ahu où les chercheurs évaluent non seulement la durabilité du revêtement, mais aussi son impact sur l'environnement. La question centrale est évidemment de savoir si les routes libèrent du microplastique au fil de leur usure, mais jusqu'ici, les analyses n'ont mis en évidence aucun relargage significatif comparé aux enrobés conventionnels. Une nouvelle prometteuse, même si les scientifiques soulignent bien la nécessité de pousser les observations sur une plus longue période avant d'en tirer de quelconques conclusions. Tout va également pour le mieux côté intégrité avec une tenue impeccable de l'asphalte qui ne montre ni larges fissures ni nids de poule, malgré 4 ans passés dans des conditions hostiles.
L'initiative, si son efficacité est confirmée, permettra de réutiliser en masse les détritus plastiques. De quoi limiter les enfouissements et surtout les incinérations, une opération qui n'est jamais anodine.














