Lasse des touristes, la Sardaigne impose des quotas et interdit les serviettes

Lasse des touristes, la Sardaigne impose des quotas et interdit les serviettesPhoto : une plage en Sardaigne - Stephanie Albert / Pixabay

Réputés pour leurs eaux turquoise et leur sable blanc, les bords de mer de la Sardaigne comptent parmi les plus spectaculaires de la Méditerranée. L'île attire ainsi chaque année un nombre impressionnant de touristes qu'elle souhaite, à l'instar de la Grèce , réduire subrepticement afin de préserver son patrimoine environnemental. Le résultat des réflexions de la région prend la forme de restrictions qui, entre obligation de réservation, quotas, droits d'entrée et même interdiction de poser sa serviette sur le sable, impressionnent tant par leur nombre que par leur nature.

Le cas le plus emblématique est sûrement celui de la plage de La Pelosa, située à Stintino, dans le nord-ouest de l'île. Considérée comme l'une des plus belles plages d'Europe, elle ne peut désormais accueillir qu'un maximum de 1 500 visiteurs par jour. L'accès est ainsi soumis à réservation ainsi qu'à l'achat d'un billet d'entrée (comptez 3,50 euros par personne, sauf pour les moins de 12 ans). Officiellement, ces limitations servent à protéger l'équilibre naturel du site en luttant contre la surfréquentation.

Sur cette même plage, il est aussi maintenant interdit de poser directement sa serviette sur le sable. En effet, les fibres de cet accessoire peuvent retenir plusieurs grammes de sable qui sont emportés au départ du vacancier. Multipliez le phénomène par mille tous les jours et vous comprendrez l'érosion progressive qui touche l'une des plages les plus populaires d'Italie. Pour éviter cela désormais, les estivants devront poser un tapis rigide sur le sable, en fait des lattes en fibres naturelles, avant de disposer leur serviette par-dessus. Les amendes en cas de non-respect peuvent aller jusqu'à 100 euros.

À Punta Molentis cette fois, dans le sud-est de l'île, le ticket d'entrée a été fixé à 10 euros avec réservation obligatoire au moins 72 heures à l'avance. Parmi les consignes à considérer, un maximum de 150 personnes présentes simultanément doit être respecté et, sans doute la règle la plus controversée, l'usage de parasols est totalement proscrit. La raison officielle ? Réduire le plus possible la pression anthropique sur un littoral déjà largement fragilisé par un incendie en 2025. Les seules exceptions concernent les plus fragiles, à savoir les moins de 10 ans et les plus de 65 ans, avec pourtant un seul parasol autorisé par famille !

Heureusement, la plupart de ces nouvelles interdictions ne sont que temporaires et ne prendront effet qu'entre mai et octobre 2026 selon les communes, autrement dit, durant la période estivale et son tsunami de touristes. Dans la plupart des cas également, des dérogations sont possibles, comme l'accès gratuit et immédiat à la plage après 18 h. Au fond, tout ceci laisse juste à penser que la Sardaigne est tout simplement fatiguée du surtourisme, ce nouveau mal du siècle.

Par Andriatiana Rakotomanga