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Le phytoplancton, grand gagnant des incendies de forêt australiens

Le phytoplancton, grand gagnant des incendies de forêt australiens

En utilisant des données satellites, une équipe de scientifiques interuniversitaires a découvert que le phytoplancton avait proliféré de façon spectaculaire dans l’océan Austral, là où normalement ce n’était pas possible. Une étude poussée leur a alors révélé l’origine du phénomène : les feux de brousse d’ampleur inédite qui avaient ravagé l’Australie quelques années auparavant.

La saison des feux de 2019/2020 a été l’une des plus désastreuses qu’ait connu l’Australie. Des millions d’hectares de forêts et de prairies sont partis en fumée, avec des conséquences environnementales graves dans tout le pays. Ces incendies auraient ainsi lâché quelque 715 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère (30 % de plus que l'émission carbone de l'Australie en 2018), de même qu’une quantité colossale d’aérosols. Or, ces aérosols sont connus pour pouvoir embarquer avec eux une large variété de micronutriments sous forme soluble, notamment du phosphore et de l’azote, mais aussi des oligo-éléments comme du fer. D’après les scientifiques, c’est précisément ce fer qui a causé la soudaine prolifération de phytoplancton dans le cinquième océan.

Le phytoplancton vit de la photosynthèse et pour ce faire, il a besoin de fer. Cet élément est toutefois rare en plein océan Austral, puisque la zone est éloignée de toute source. Par conséquent, l’activité phytoplanctonique y est assez faible. Le fer disséminé par les aérosols des feux australiens a cependant changé la donne et provoqué une frénésie de développement rapide, connue sous le nom de "floraison phytoplanctonique".

La quantité de fer apportée a été telle qu’elle a permis la multiplication rapide du phytoplancton sur une surface plus grande que l’Australie elle-même. Le professeur Peter G. Strutton, océanologue et co-auteur de l’étude, évoque d’ailleurs l’image très parlante d’un « désert du Sahara se transformant en une prairie modérément productive pendant quelques mois », pour donner un ordre d’idée de l’ampleur du phénomène. On en retient que l’événement est non seulement exceptionnel, mais aussi limité dans le temps : 4 mois selon les chercheurs.

Une courte mais intense période d’activité qui a eu ses avantages. Déjà, elle a permis au réseau trophique de se renforcer (le plancton est à la base de la chaîne alimentaire marine) ; ensuite, grâce à la photosynthèse, elle a permis aux phytoplanctons d’absorber l’équivalent de 95 % du carbone émis par les feux de forêt qui les ont créés. Le plus extraordinaire dans tout ça, c’est qu’environ 10 000 km séparent la zone de floraison phytoplanctonique de l’Australie !

Par Andriatiana Rakotomanga
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