Les kitesurfs jugés dangereux pourraient être interdits de certaines plages

Les kitesurfs jugés dangereux pourraient être interdits de certaines plagesPhoto : michaelhumenberger / Pixabay

Sur certaines plages bretonnes, le kitesurf pourrait bientôt être restreint, voire interdit. En cause : l'essor du foil, jugé plus rapide et potentiellement dangereux. Face aux risques de collision et à la cohabitation difficile avec les baigneurs, les autorités envisagent de durcir la réglementation, surtout en période estivale.

Vent dans les voiles, liberté totale… mais peut-être plus pour longtemps partout. En Bretagne, le kitesurf – et surtout sa version la plus spectaculaire, le foil – se retrouve dans le viseur des autorités locales. En cause : des engins jugés de plus en plus rapides, techniques… et potentiellement dangereux pour les autres usagers du littoral.

Dans le Morbihan, autour de Vannes, élus et professionnels tirent la sonnette d'alarme. Le foil, cette planche équipée d'un aileron immergé qui permet de "voler" au-dessus de l'eau, inquiète. Sa vitesse élevée et la présence d'éléments rigides sous la planche augmentent les risques de blessures en cas de collision. Résultat : certaines plages, notamment à Saint-Pierre Quiberon, pourraient tout simplement devenir interdites à ces pratiques, notamment en période de forte affluence estivale.

Car sur le sable, la cohabitation devient parfois tendue. Entre baigneurs, familles, paddleboard, voile légère et sports tractés, chacun revendique son espace. Or, le kitesurf nécessite à la fois du recul pour décoller, de la place pour évoluer, et des conditions de sécurité strictes. Pas toujours compatible avec les serviettes et les châteaux de sable.

En réalité, la régulation n'est pas nouvelle. Dans plusieurs communes du littoral breton, des restrictions existent déjà : interdictions en été, zones dédiées, chenaux obligatoires pour la mise à l'eau… Certaines plages ferment même totalement la pratique pendant la haute saison, preuve que l'équilibre est fragile entre loisirs nautiques et sécurité publique.

Ce qui change aujourd'hui, c'est l'accélération du phénomène. Le foil démocratise des performances autrefois réservées à une élite. Résultat : plus de pratiquants, plus de vitesse et mécaniquement, plus de risques perçus. Pour les collectivités, la question devient simple : faut-il encadrer davantage, ou interdire pour prévenir tout accident ?

Du côté des riders, l'inquiétude monte. Beaucoup plaident pour une meilleure organisation plutôt qu'une exclusion pure et simple : zones balisées, horaires adaptés, sensibilisation des pratiquants. L'enjeu est de préserver un sport en plein essor, sans compromettre la sécurité des plages.

Car au fond, tout le monde poursuit le même objectif : profiter du littoral. Mais à mesure que les pratiques évoluent, les règles du jeu doivent suivre. Et cet été, sur certaines plages, il faudra peut-être choisir entre voler au-dessus de l'eau ou... rester bronzer sur le sable.

Par Erwan Dutellier