Plusieurs plages interdites des Pyrénées-Orientales vont rouvrir bientôt

Plusieurs plages interdites des Pyrénées-Orientales vont rouvrir bientôtPhoto : image d'illustration

Pendant plus de trente ans, elles ont été interdites d'accès, oubliées du grand public et peu à peu rendues à la nature. Sur la Côte Vermeille, dans les Pyrénées-Orientales, plusieurs plages historiques pourraient bientôt rouvrir au public, suscitant déjà l'enthousiasme des habitants comme des touristes. Le projet concerne notamment des criques situées autour de l'anse de Paulilles, entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer, un site emblématique du littoral catalan.

Ces plages dites "ancestrales" avaient été fermées dans les années 1990 pour des raisons de sécurité et de préservation environnementale. Certaines zones étaient notamment liées à l'ancienne dynamiterie Nobel, implantée à Paulilles durant plus d'un siècle. Après la fermeture du site industriel, la dépollution et la réhabilitation du secteur ont demandé de longues années de travaux avant que le Conservatoire du littoral ne transforme progressivement les lieux en espace naturel protégé.

Aujourd'hui, les collectivités locales souhaitent aller plus loin en redonnant accès à certaines criques autrefois fréquentées par les habitants de la région. Parmi elles figure le secteur de Sainte-Catherine, réputé pour ses eaux translucides et ses falaises spectaculaires au pied du cap Béar. Le site est déjà apprécié des plongeurs et amateurs de randonnée sous-marine, mais reste difficilement accessible au grand public.

Le projet de réouverture s'inscrit toutefois dans une logique très encadrée. Il ne s'agit pas de transformer ces lieux en plages touristiques massives, mais plutôt de permettre une fréquentation limitée et respectueuse de l'environnement. La Côte Vermeille est en effet l'un des secteurs les plus fragiles du littoral méditerranéen français, avec une biodiversité remarquable et des paysages classés.

L'anse de Paulilles attire déjà de nombreux visiteurs grâce à ses trois plages entourées de vignobles en terrasse et de reliefs rocheux typiques des Pyrénées-Orientales. Les sentiers aménagés, les anciennes installations industrielles restaurées et les espaces naturels protégés en ont fait un lieu incontournable du département.

Pour les élus locaux, cette réouverture représente aussi un symbole fort : celui de la reconquête d'un patrimoine naturel longtemps inaccessible. Dans un contexte où de nombreuses plages méditerranéennes subissent l'érosion ou bien des restrictions croissantes, voir renaître ces criques historiques apparaît comme une exception presque inattendue.

Si le calendrier précis reste encore à confirmer, plusieurs aménagements pourraient être finalisés dans les prochains mois. De quoi laisser espérer, dès cet été ou l'année prochaine, le retour des baigneurs sur certains des plus beaux rivages cachés des Pyrénées-Orientales.

Par Erwan Dutellier