A Marseille, faut-il vraiment bannir les jeunes de la plage ?

Sur les plages de Marseille, les promeneurs et les baigneurs sont souvent confrontés à des comportements discourtois, voire totalement déplacés. Sur l'été 2025 par exemple, les médiateurs de "Safer Plage", un dispositif luttant contre les harcèlements sexistes et sexuels, ont enregistré 172 incidents sur les plages de la Cité phocéenne.
À ces signalements s'ajoutent des agressions verbales, des incivilités, et même des actes de violence, autant de comportements délétères imputés en majorité à une frange de la population : les jeunes. Enfin, ça, c'est ce qu'avance Franck Allisio, conseiller municipal de Marseille et accessoirement candidat du Rassemblement national (RN) aux élections municipales de la ville. Chose qui explique pourquoi il souhaite interdire à la jeune population l'accès aux plages.
Ses arguments reposent sur les faits divers qui font régulièrement les gros titres des médias marseillais : écoute trop forte sur des enceintes portables qui engendre des nuisances sonores ; consommation interdite de chicha, d'alcool et même de stupéfiants ; prises de photos sans consentement... La liste est longue. Ces comportements outrageants, voire intimidants, ont surtout lieu en fin de journée et en soirée, d'où la proposition du candidat : exclure les jeunes des plages phocéennes à certains créneaux horaires, afin de les réserver aux familles avec enfants ainsi qu'aux personnes âgées.
Sans surprise, l'idée choque la majeure partie des Marseillais, pour qui la plage est avant tout un espace public. En limiter l'entrée va d'ailleurs à l'encontre du droit français pour qui l'accès au littoral, un domaine public naturel, doit être libre et gratuit. Sur cette base, il est certain que toute restriction fondée sur un critère aussi général que l'âge pourra (et sera) facilement démontée par un juge administratif.
Les opposants à la mesure dénoncent également un risque de stigmatisation des jeunes. Les mettre au ban de la société ne fera qu'attiser les tensions sans répondre aux causes profondes des incivilités. Enfin, ce n'est pas parce qu'on est jeune qu'on est systématiquement un voyou. Le mieux serait plutôt de faire appel à des solutions inclusives comme développer des activités encadrées pour les jeunes, privilégier le dialogue et les sensibiliser au civisme, ou encore renforcer les patrouilles de policiers municipaux et de médiateurs.
Derrière la polémique toutefois, la réalité n'en est pas moins urgente. La cité phocéenne, comme d'autres grandes villes, fait face à un sentiment grandissant d'insécurité de ses administrés. Si, en définitive, la solution ne saurait passer par une quelconque interdiction, il faudra tôt ou tard en trouver une.














