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La tradition des amas, les femmes plongeuses du Japon

Les ama (ou amas) sont des amoureuses de la mer comme on n'en rencontre plus. Elles sont les gardiennes d'une tradition séculaire au Japon, pratiquant un métier aussi difficile qu'enivrant de liberté.
La tradition des amas, les femmes plongeuses du Japon

Ama signifie "femme de la mer" en japonais, une traduction qui en dit déjà beaucoup. Les premières mentions aux amas remontent à environ 1 300 ans et elles sont immortalisées dans divers poèmes et estampes (art graphique traditionnel japonais) dans la culture japonaise.

Une activité exclusivement féminine

Bien que les hommes puissent exercer le métier, être ama est surtout une affaire de femmes. Il semblerait en effet qu'une couche de gras supplémentaire leur permettrait de mieux se débrouiller dans les eaux froides de cette région du Pacifique. Cela reste une conjoncture bien sûr, mais il est remarquable de voir à quel point les femmes amas font preuve de dextérité malgré la rudesse de leur travail.

Les jeunes filles commencent leur apprentissage dès 11 ou 12 ans et continuent de plonger même une fois l'âge vénérable de 80 ans passés. Les amas expérimentées peuvent faire jusqu'à 3 sessions de plongée par jour et descendre jusqu'à 8 mètres en apnée. Les plus habiles affirment pouvoir aller jusqu'à 20 mètres.

A chaque plongée, les sirènes du Japon, comme on les surnomme, restent 50 secondes à 2 minutes sous l'eau, ne revenant à la surface que pour reprendre leur souffle quelques secondes en pratiquant l'isobue (littéralement "sifflement de la mer"). Il s'agit d'une méthode de ventilation leur permettant de multiplier les descentes sans risquer d'accidents respiratoires. Elles peuvent ainsi enchaîner les plongées sans problème, une soixantaine par session pour certaines.

Un métier de subsistance

Longtemps, on a raconté que les amas plongeaient pour récupérer des perles dans les huîtres. Ce n'est toutefois qu'une semi-vérité puisque si des amas ont bien travaillé pour Mikimoto Kokichi, le pionnier de l'élevage perlier, l'origine de cette activité est avant tout de subsistance.

Les principales cibles des amas ne sont ainsi pas les huîtres, mais les homards, écrevisses, oursins et même les algues (on est au Japon, rappelons-le). Certaines prises sont bien sûr vendues, comme les précieux ormeaux qui valent cher sur les étals des marchés.

Pour ne pas être gênées dans leur pêche, les amas plongeaient traditionnellement nues, vêtues d'un petit pagne appelé fundoshi et d'un bandana blanc, le tenugui, pour attacher leurs cheveux. Mais leur exposition au monde dès les années 20 par le biais de photographes comme Iwase Yoshiyuki, les "obligea" à s'habiller. Elles commencèrent par enfiler un short de bain pour finir aujourd'hui en combinaison intégrale.

Une tradition vouée à disparaître ?

Les amas sont en voie de disparition. Le métier est devenu peu lucratif et la rigueur des conditions de travail associé à de nombreuses restrictions légales pour éviter la surpêche (nombres et jours de plongées limités, taille des prises contrôlée, etc.) décourage les jeunes filles à suivre les pas de leurs aînées.

Dans un recensement de 1986, elles étaient 18 000 dans tout l'archipel. En 2010, il n'en restait plus que 2 200 dont la majorité se concentrait dans la municipalité de Toba, où se trouvent les fermes perlières de Mikimoto Kokichi, et à Shima, le berceau supposé de leur tradition.

La population d'amas actuelle est également vieillissante, les naïades séduisantes photographiées par Iwase étant devenues de pétillantes octogénaires. On estime ainsi que l'âge moyen dans ce métier est de 67 ans.

Dans notre société moderne, l'univers éprouvant mais poétique des amas ne représente guère plus qu'un folklore attirant les touristes. Nombreuses sont d'ailleurs celles qui se prêtent au jeu des photographes pour gagner quelques sous en plus. Pour sauver cette tradition, des compagnes de sensibilisations (à envergure locale hélas) sont désormais menées, et l'impératrice elle-même travaille à l'inscrire au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 16/01/2018
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