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Le cœlacanthe menacé par la pêche aux requins

Le cœlacanthe menacé par la pêche aux requins
Photo: smerikal

À Madagascar, les pêcheurs de requins prennent de plus en plus souvent des cœlacanthes dans leurs filets. Une tendance inquiétante qui fait craindre pour la survie de cette espèce vieille comme le monde.

Le cœlacanthe est volontiers qualifié de poisson fossile. Il faut dire que ce grand poisson brun et sombre n'a que peu, voire pas évolué depuis 70 millions d'années, particularité qui lui a d'ailleurs valu son surnom de "dinosaure des mers".

On en sait très peu sur ce poisson atypique. Les scientifiques ont tout d'abord pensé qu'il était éteint depuis le Crétacé, puis depuis 1938. Pourtant, des pêcheurs en remontaient toujours de temps en temps dans leurs filets, des captures accidentelles qui ont surtout eu lieu le long des côtes indonésiennes, sud-africaines et comoriennes. D'ailleurs, c'est aux Comores que se trouve la plus grosse concentration de cœlacanthes connue à ce jour (approximativement 300 individus). Non loin des Comores, Madagascar semble également être un vivier insoupçonné de cœlacanthes, du moins c'est ce que laisse entendre une récente augmentation du nombre de spécimens accidentellement capturés dans le sud-ouest de l'île.

Dans cette région de l'un des pays les plus pauvres du monde, les pêcheurs se résignent souvent à aller chercher des requins en profondeur pour leur huile et leurs nageoires très prisées sur le marché asiatique. Pour ce faire, ils n'hésitent pas à poser en profondeur de solides filets à larges mailles capables de retenir des squales de moyenne taille. Problème cependant, cela correspond aussi à la taille d'un cœlacanthe adulte, soit entre 1,50 et 2 mètres. Et pour ne rien arranger, ces filets sont souvent posés dans des zones rocheuses et des grottes, lieu de prédilection des cœlacanthes.

Au fil des années, le nombre de cœlacanthes capturés dans le sud-ouest de Madagascar est tel qu'il inquiète désormais les biologistes marins sur place. Un pêcheur leur a par exemple avoué en capturer plusieurs douzaines en une seule semaine, tandis qu'il n'est plus exceptionnel d'en voir exposés dans les hôtels et les restaurants de la région. Une manière pour eux d'attirer les touristes ?

La bonne nouvelle est que ces captures accidentelles sont la preuve que Madagascar pourrait bien cacher une grande population de ce poisson rare dans ces canyons sous-marins. Malheureusement, il se pourrait bien qu'à ce rythme, elle ne disparaisse avant que les scientifiques ne puissent l'étudier et la préserver.

Par Andriatiana Rakotomanga
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