Surtourisme : les parasols et transats dans le viseur de la Grèce
Photo : une plage de Rhodes - Ivabalk / PixabayLe bord de mer grec compte plusieurs des plus belles plages de la Méditerranée, une chose que les touristes ont très bien comprise. En 2025, ils étaient ainsi un peu moins de 38 millions à déferler sur la Grèce, un record pour une troisième année consécutive.
Ce chiffre, qui a augmenté de 5,6 % comparé à 2024, représente 3 fois la population totale du pays. Une réalité qui pèse lourd tant sur l'environnement, que sur l'infrastructure des villes, surtout sur les îles prisées des célébrités comme Santorin ou Paros, dont les systèmes d'approvisionnement en eau sont loin d'être taillés pour un tel niveau de fréquentation.
Face au problème, mais surtout sur fond de ras-le-bol citoyen contre la privatisation à outrance du littoral (le fameux "mouvement des serviettes"), le gouvernement grec a réagi en deux temps. Tout d'abord, en multipliant les plages Natura 2000, un statut propre à l'Union Européenne qui confère à un site naturel le statut de zone protégée. Les activités humaines y sont alors tolérées seulement à condition de respecter strictement l'environnement et la biodiversité.
La Grèce, par la suite, a renforcé le caractère sanctuarisé des plages concernées en adoptant des lois plus restrictives. C'est ainsi que toute installation de mobilier ainsi que toute construction, même temporaire, y deviennent prohibées. Les activités commerciales y sont également proscrites, de même que la diffusion de musique via des enceintes, et l'accès aux véhicules motorisés. Et pour faire bonne mesure, le gouvernement grec y interdit aussi tout rassemblement de plus de 10 personnes.
Concrètement, cela signifie que si les vacanciers peuvent toujours étaler leurs serviettes et aller patauger dans l'eau, ils ne pourront pas compter sur les services qui font habituellement le confort des littoraux touristiques : pas de marchand de glace, ni de stand de sandwich, pas de douche, et encore moins de loueur de transats et de parasols.
Les premières mesures de protection ont vu le jour en 2023, après que le "mouvement des serviettes", débuté sur l'île de Paros, a gagné la plupart des îles des Cyclades. Aujourd'hui, la sanctuarisation concerne 251 plages grecques étalées depuis le continent jusqu'à Gavdos, une île au sud de la Crète.
À la différence de Venise, qui lutte elle aussi contre le surtourisme, la Grèce souhaite non pas décourager les voyageurs, mais les canaliser. Le secteur touristique représente en effet 13 % de son PIB, 30 % en considérant les retombées indirectes. De quoi motiver à trouver un juste équilibre entre développement et préservation.














