Hors de contrôle, l'acidification des océans fait sauter une limite planétaire

Le PIK est un centre allemand spécialisé dans l'analyse des mécanismes du réchauffement climatique et de ses multiples conséquences. Dans sa dernière publication intitulée "Planetary Health Check", l'institut scientifique souligne que l'océan absorbe désormais tellement de CO2 d'origine humaine que son pH a diminué de manière significative, dépassant une limite instituée en 2009.
Une chute inexorable du pH des océans
Les océans sont en effet capables d'absorber et de séquestrer le gaz carbonique, phénomène qui a d'ailleurs largement modéré le réchauffement global depuis l'ère industrielle. Ce super-pouvoir s'accompagne néanmoins d'un contrecoup qui augmente l'acidité des océans à mesure qu'ils pompent du CO2.
Depuis le début des émissions anthropiques ainsi (combustions fossiles, déforestation, etc.), cette absorption a fait chuter le pH moyen des eaux de surface d'environ 0,1 unité, ce qui équivaut à une augmentation de 30 à 40 % de leur acidité depuis l'ère préindustrielle. Un niveau élevé qui l'a finalement fait dépasser une limite essentielle à la stabilité des écosystèmes.
Une limite dépassée pour des conséquences catastrophiques
Les conséquences de l'acidification des océans sont visibles depuis longtemps et perturbent la dynamique des écosystèmes marins essentiels pour la biodiversité. Elle dégrade l'exosquelette des coraux, empêche les mollusques de sécréter leurs coquilles ou encore, plus cocasse, augmente les gonades des poissons.
Une limite planétaire est un seuil au-delà duquel un processus biophysique majeur de la Terre ne peut être perturbé sans compromettre la stabilité globale de la planète. Il en existe 9 en tout :
- le changement climatique (concentration de CO2 dans l'atmosphère) ;
- l'intégrité de la biosphère (le taux d'extinction) ;
- le changement d'usage des sols (déforestation, agriculture, urbanisation, etc.) ;
- la perturbation des cycles biogéochimiques (usage massif d'engrais et rejet dans la nature) ;
- l'utilisation de l'eau douce ;
- l'introduction d'entités nouvelles dans la biosphère (plastiques, produits chimiques, polluants persistants, etc.) ;
- l'acidification des océans ;
- l'augmentation des aérosols dans l'atmosphère ;
- l'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique.
Avec le dépassement de l'acidification des océans, ces 7 premières limites sont aujourd'hui toutes franchies.














