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L'acidification augmenterait la taille des gonades des poissons

L'acidification augmenterait la taille des gonades des poissons

Nos émissions de gaz à effet de serre ont plusieurs conséquences dont la plus connue, car la plus médiatisée, est sans nul doute le réchauffement climatique. Et puis il y a l'acidification des océans, moins connue, mais aux effets bien réels : blanchiment des coraux, diminution de la résilience des mollusques à coquille, perturbations du comportement de certaines espèces, etc. A cette liste, il convient désormais d'ajouter une conséquence plus insolite : l'augmentation de la taille des organes reproducteurs des poissons !

Cette découverte étonnante émane des recherches d'une équipe australienne de l'université d'Adélaïde, menée par le professeur Ivan Nagelkerken. Pendant 3 ans, lui et ses collègues ont étudié 4 espèces de poissons tropicaux appartenant en fait à 2 familles. Ce sont 3 espèces de triplefin, un poisson abondant au large de la Nouvelle-Zélande et première espèce de blennie. Ils ont alors comparé les données relevées sur une population d'individus vivant dans des eaux à température normale à celles prises sur une autre population vivant cette fois-ci près de cheminées hydrothermales. Leur objectif : relever toutes les différences entre les deux groupes, depuis leurs comportements et interactions, jusqu'au niveau cellulaire de leurs organes. En effet, l'environnement aux alentours d'une cheminée hydrothermale possède un pH élevé, conséquence de tout le CO2 qu'elle exhale sans arrêt. Les valeurs du milieu acide ainsi généré équivaudrait alors à ce que devrait atteindre les océans d'ici à la fin de ce siècle, si le phénomène d'acidification n'est pas rapidement enrayé.

En comparant leurs données, les chercheurs se sont ainsi rendu compte que les poissons évoluant dans le milieu acide avaient tant des testicules plus gros pour les mâles que des ovaires également plus gros pour les femelles. Un état de fait qui va bien au-delà du simple esthétisme, car ils ont également découvert que cela se traduisait par une production plus élevée de spermatozoïdes et d'ovocytes. En clair, ils étaient plus féconds ! C'est bien la première fois qu'une conséquence positive de l'acidification des océans a été mise en exergue sur les poissons.

Pour mémoire, l'acidification des océans est causée par une grande concentration de gaz carbonique dans l'eau. Ce CO2 provient de l'atmosphère, absorbé par dissolution, mais surtout par le phytoplancton. Il s'agit d'un phénomène naturel qui, par ailleurs, a jusqu'ici mitigé la sévérité du réchauffement climatique. Par un processus chimique complexe toutefois, il s'avère que plus les océans absorbent de CO2, plus ils deviennent acides, d'où la prévision bien pessimiste des scientifiques pour la fin de ce siècle.

Par Andriatiana Rakotomanga
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