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Le premier navire autonome débarque en France

Le premier navire autonome débarque en France
Photo: Michel Floch

On parle beaucoup de la voiture autonome, mais moins du bateau autonome. Le sujet est pourtant en bonne voie de concrétisation, notamment en France.

La société SeaOwl fait le premier grand pas en la matière en France. Celle-ci a fait savoir avec beaucoup de fierté avoir reçu le permis de navigation pour son premier navire sans équipage.

Sans équipage à bord en tout cas. Car le navire, basé à l'Arsenal de Toulon, n'est pas encore autonome mais "télé opéré". Le commandant n'est pas un logiciel mais un marin en chair et en os. Il dirige le bateau depuis une passerelle reconstituée à l’École Polytechnique, sur le campus de Palaiseau en région parisienne. Outre toutes les informations de navigation affichées en temps réel, les caméras permettent au commandant de regarder alentour comme s'il y était.

Des bateaux télé opérés sont déjà exploités en Asie et dans le Nord de l'Europe. Pour le moment, le principal obstacle à leur développement est d'ordre réglementaire. Jusqu'à présent, aucun de ces bateaux ne pouvait naviguer dans les eaux françaises hors expérimentation. D'une manière plus générale, il n'existe pas d'accord international en la matière et un bateau pouvant naviguer dans un pays ne le pourra peut-être pas dans un autre.

Lors du lancement du projet de SeaOwl en 2015, un des principaux "chantiers" mis en place par la société a été de convaincre les affaires maritimes d'accorder le fameux permis de naviguer hauturier, qui permet également l'exploitation commerciale du navire. SeaOwl a néanmoins travaillé de concert avec les autorités dès le lancement du projet, notamment l'Ademe (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) ainsi qu'avec des financements du pétrolier Total et du chantier naval militaire Naval Group. L'inauguration lui a d'ailleurs valu le déplacement à Palaiseau de Cédric O, secrétaire d'état au numérique et d'Annick Girardin, ministre de la mer. Ainsi que les applaudissements du chef d'état-major de la Marine.

Pour cette première démonstration pré-commerciale, SeaOwl a transformé le vénérable remorqueur de la Marine Nationale VN Rebel. Outre l'installation des équipements nécessaires à la liaison satellitaire, il a fallu diverses modifications lui permettant de se passer totalement d'équipage. Mais l'avenir de ce type de bateau est la motorisation électrique, qui demande moins de maintenance et de surveillance que la motorisation thermique et se prête donc bien mieux à l'absence d'équipage.

Parmi les utilisateurs intéressés, on trouve notamment les exploitants de plateformes pétrolières off-shore. Celles-ci ne peuvent pas se permettre d'avoir des équipages pléthoriques et leur situation géographique leur épargne les difficultés d'ordre réglementaire. La Marine est également intéressée en matière de déminage et de lutte contre les trafics et la piraterie, qui pourraient se faire avec des navires autonomes ou télécommandés depuis un bateau-mère.

Si la phase télé opérée n'est que le premier pas vers la réalisation d'un navire vraiment autonome, c'est un pas de géant. SeaOwl prévoit en effet de commencer à construire ses premiers navires autonomes dès 2022.

Par Charles Lorrain
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