Y a-t-il de l'or dans le sable de votre plage préférée ?

De nombreux littoraux offrent au regard des nuances dorées miroitant entre leurs grains de sable, nous laissant songeurs quant à leur véritable nature. Notre âme d'enfant voudrait y voir des paillettes d'or qui ne demanderaient qu'à être ramassées. Notre esprit rationnel, lui, trouve ça trop optimiste. Et, comme toujours, la réalité se situe entre les deux.
De l'or dans le sable ?
La plupart des plages au sable doré, blond ou ambré doivent leur couleur à la composition naturelle des grains qui les constituent. Le plus souvent, c'est un mélange de minéraux qui réfléchissent la lumière (quartz, oxydes de fer, zircon, mica, etc). Ainsi, si leur éclat est bien jaune, il ne s'agit pas de métal précieux.
Dans l'absolu, il est rare de trouver de l'or dans les sédiments littoraux et celui-ci ne se rencontre généralement que lorsque des conditions géologiques spécifiques l'ont concentré à une échelle millénaire. Le métal jaune se présente alors sous forme de très fines paillettes ou de particules dispersées dans de grandes quantités de sable.
Seules des zones littorales associées à des dépôts alluviaux aurifères ou à des roches riches en métaux lourds ont montré, historiquement, qu'il était possible de trouver de l'or sur une plage. Si une rivière a charrié des particules aurifères depuis des gisements à l'intérieur des terres jusqu'à son embouchure, des traces de métal peuvent également s'accumuler sur un littoral côtier. Les "gisements" se concentrent alors sur ce que l'on appelle des placiers marins, des zones du rivage où les courants, les vagues ainsi que les marées concentrent naturellement des minéraux lourds, incluant l'or.
On peut trouver de l'or sur les plages françaises
La plage bretonne de la Mine d'Or, à Pénestin sur la côte sud du Morbihan, est sûrement la plus connue des plages aurifères françaises. Son nom lui vient d'une exploitation du 19e siècle, lorsque des mineurs anglais ont, des dizaines d'années durant, lavé et relavé le sable au pied des falaises pour récupérer des paillettes et parfois de petites pépites d'or. Cette exploitation a perduré jusqu'en 1910 environ avant d'être abandonnée faute de rendement économique suffisant. Les quantités d'or extraites étaient en effet trop faibles, autour de 0,50 gramme d'or par mètre cube de sable.
Plusieurs autres plages de la Bretagne, la région la plus aurifère de France, contiennent aussi une quantité dispersée d'or : la plage de Larmor (Larmor-Plage), la plage de Fort-Bloqué (Ploemeur), ou encore la plage du Loch (Guidel). Au-delà de la Bretagne, de nombreuses autres plages en contiennent aussi potentiellement. C'est le cas des plages entourant l'embouchure de l'Adour, notamment celles du secteur Anglet, Biarritz et Bayonne, ou encore des vastes étendues sableuses allant du sud de l'estuaire de la Garonne jusqu'aux dunes landaises.
Ces plages qui attirent encore les orpailleurs
Les plages réellement aurifères se trouvent ailleurs, comme à Nome, ville à l'extrême ouest de l'Alaska. La découverte du métal jaune sur son littoral en 1899 entraina sa création ainsi que l'une des dernières grandes ruées vers l'or de l'Histoire. On continue même à en trouver aujourd'hui, quoique très éparpillé sur ses plages. Après une tempête toutefois, il n'est pas rare que les placiers marins en accumulent plusieurs onces.
Sur la côte de l'Oregon, aux États-Unis, la plage de Gold Beach doit son nom à la présence de grains de métal précieux autour de l'embouchure de la Rogue River. Bien que la richesse aurifère du site n'ait pas donné lieu à une exploitation aussi spectaculaire qu'à Nome, la plage continue d'attirer touristes et apprentis chercheurs d'or.
Sur la côte ouest de l'Île du Sud de la Nouvelle-Zélande enfin, Gillespies Beach a été le théâtre d'une exploitation aurifère entre le 19e et le 20e siècle. Bien que les opérations aient cessé depuis, il est toujours possible d'y trouver des paillettes ou même des pépites, si l'on est chanceux.














