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Thilafushi, la plage poubelle des Maldives

Les Maldives sont un état insulaire avec un relief inexistant et une industrie touristique très importante. La gestion des déchets est problématique, ce qui s'est traduit jusqu'à présent par une non-gestion en se contentant de stocker les ordures sur une des îles de l'archipel. Celle-ci est devenue une bombe à retardement sanitaire et écologique.

Thilafushi, la plage poubelle des Maldives
Photo: Hani Amir

Les Maldives, leur soleil, leur mer, leurs plages, leur charia, leur île poubelle. Cet état insulaire est composé de 1200 îles de 21,3 millions de kilomètres carrés dont moins de… 300 km² de terres émergées, soit environ 4 fois la surface de la ville de Paris. L'île-capitale, Malé, rassemble 100.000 habitants sur 5 km² totalement urbanisés, soit près d'un quart de la population de l'archipel. Une telle configuration pose de nombreux problèmes, notamment celui des déchets ménagers. La solution choisie par les Maldives a été de sacrifier l'île de Thilafushi pour en faire la décharge de l'archipel.

Thilafushi, un îlot paradisiaque sacrifié

Thilafushi est, ou plutôt était, un îlot sablonneux d'un demi kilomètre carré de terres émergées, aux plages de sable fin et aux eaux turquoises comme toutes les îles des Maldives. L'archipel compte seulement 400.000 habitants, mais 850.000 touristes débarquent chaque année, suite à l'ouverture au tourisme au début des années 1990. Ce tourisme génère quatre fois plus de déchets que la population autochtone et les ordures sont vite devenues un problème pour le pays.

L'île de Thilafushi, située à un jet de pierre de la capitale maldivienne, deviendra la destination finale des poubelles. Nous connaissons tous dans nos pays les rotations de camions-poubelles. Et bien les Maldives ont mis en place un service de bateaux-poubelles en provenance de toutes les îles du pays. 330 tonnes d'ordures arrivent chaque jour sur l'île !

Thilafushi

Des problématiques environnementales

Tant que les volumes déposés restaient relativement faibles, les ordures étaient enterrées dans des fosses creusées dans le sable. Mais rapidement, les volumes sont devenus tels qu'ils ont simplement été entassés à ciel ouvert. Parallèlement à la quantité, les déchets se sont aussi diversifiés et contiennent désormais nombre de métaux lourds et autres substances toxiques qui finissent par s'infiltrer dans les sols et la mer.

Quand on sait que le point culminant de l'archipel est à 2,5 m d'altitude, on conçoit aisément que toutes ces substances sont à la merci d'une tempête particulièrement violente qui pourrait les éparpiller. D'ailleurs, une expérience a été menée à grande échelle : le tsunami de 2004 a rendu leurs déchets à un certain nombres d'îles. Et ne parlons pas des effluves toxiques qui s'échappent de Thilafushi, au grand dam des poumons des travailleurs qui s'y activent, des immigrés pour la plupart.

Thilafushi

Après le tsunami, le gouvernement a pris des initiatives pour désamorcer cette bombe à retardement. Avec l'assistance des instances internationales, les Maldives ont formé des agents et mis en place des dispositifs plus modernes de traitement des déchets. Recyclage et compostage sont ainsi au programme. Un incinérateur moderne avec centre de retraitement des cendres a été installé sur l'île de Vandhoo. Malgré tout, l'accumulation des déchets sans retraitement, ni tri, ni recyclage, et les incinérations sauvages semblent être encore la règle.

Aux Maldives, les étrangers ne peuvent accéder qu'à un nombre d'îles assez restreint. Inutile de dire que Thilafushi n'en fait pas partie, et il est donc difficile de faire la part entre la réalité et la propagande gouvernementale.

Thilafushi

Gagner de la terre sur la mer

Paradoxalement, une telle quantité de déchets est vue comme une opportunité pour le gouvernement maldivien. Non seulement les détritus recouvrent les terres émergées, mais ils s'accumulent également dans le lagon. On estime que la surface de l'île s'accroît d'1m² par jour. Une aubaine dans un pays où l'espace est compté !

Que localiser sur une telle île faite de poubelles et d'émanations toxiques ? Un port, une cimenterie, diverses industries employant des ouvriers bangladais, et même une prison. Bref, tout ce qui est indésirable ailleurs.

Mais la plus grande menace qui pèse sur les Maldives est la montée des eaux liée au réchauffement climatique. Thilafushi, avec ses monceaux d'ordures, est à l'heure actuelle le point culminant de l'archipel. C'est peut-être tout ce qu'il en restera à la fin de notre siècle. Les touristes, eux, passeront leur chemin.
Photos : Dying Regime / Hani Amir
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