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La puce de mer, utile petit crustacé des sables

La puce de mer est un animal commun de nos plages. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il s'agit d'un crustacé. Se nourrissant des déchets végétaux en décomposition sur les côtes, il est parfois qualifié d'éboueur des plages. Parmi ses caractéristiques notoires, son aptitude à sauter lui a valu son nom.

Les amoureux de la plage connaissent tous la puce de mer. Mais savent-ils que ce petit animal n'est pas une puce ? Peu séduisante au premier abord, la bestiole possède en réalité d'étonnantes caractéristiques qui font tout son charme.

Un nom qui porte à confusion

La puce de mer n'est en réalité pas un acarien comme ceux qui vivent dans le pelage de nos toutous mais un crustacé ! Son nom scientifique est talitrus saltator. Talitrus comme chiquenaude, saltator comme sauteur, histoire de bien comprendre la particularité athlétique de cet animal puisqu'il peut faire des bonds jusqu'à 20 cm, soit près de cent fois la longueur de son corps ! Les allergiques au latin peuvent l'appeler "talitre sauteur", ou plus simplement talitre.

Il existe d'autres espèces dans la famille des talitres, mais elles ne vivent pas dans nos contrées. La puce de mer est également connue suivant les régions sous les noms d'écrelle, pou de sable, piulé, sauticot de sable, c'hwenn-mor en breton, ou encore puça en catalan.

Le nom de puce de mer lui a été donné en raison de sa taille et de sa capacité à sauter pour fuir ses prédateurs, qui rappellent l'acarien.

Ce crustacé qui occupe l'estran

Le talitre vit en Europe, de la Baltique aux Açores, jusqu'à la Mer Noire. Il est présent sur toutes les côtes françaises, mais moins sur les côtes de la Méditerranée en raison de l'absence de marée, mais aussi du nettoyage systématique des laisses de mer pour les touristes sur de nombreuses plages.

Le mâle possède deux très grandes antennes, aussi longues que son corps lisse et globuleux. Ce dernier lui permet de facilement s'enfouir dans le sable pour se protéger des prédateurs et de la déshydratation. Il sort en général en fin de journée. Ses yeux ont un aspect caractéristique qui donnent l'impression que l'animal louche. On peut également voir son tube digestif par transparence.

Comme la plupart des autres crustacés marins, il possède cinq paires de pattes. Sans compter des antennes et des antennules. Sa taille atteint au maximum 18 mm pour les femelles et 2,5 mm pour les mâles, et sa couleur est en général jaune sable, même si d'autres teintes peuvent être observées. A noter que cette couleur s'éclaircit durant la nuit. C'est d'ailleurs un des éléments qui permettent l'identification de l'espèce, avec la longueur de ses pattes centrales beaucoup plus longues que les autres, mais aussi son milieu de vie, c'est-à-dire l'estran, à proximité des algues présentes dans les laisses de mer.

Le talitre se reproduit durant l'été par la ponte de 10 à 23 œufs selon les femelles. L'éclosion a lieu après 8 à 20 jours d'incubation. La reproduction donne lieu à une ou deux générations par an. La puce de mer peut vivre de 6 à 21 mois suivant la région. Elle a de nombreux prédateurs, principalement des oiseaux marins, mais elle figure également au menu de poissons, d'insectes, d'araignées, de lézards et même de hérissons.

La puce de mer n'aime pas la mer

Les marées modifient constamment l'apparence de l'environnement du talitre. Celui-ci a développé un étonnant sens de l'orientation. Cet animal serait ainsi capable de se repérer grâce au soleil ! Il a en effet été démontré qu'il sait utiliser le soleil et la lune pour s'orienter, et notamment savoir différencier le haut du bas de la plage.

Ce sens de l'orientation est inné, et il dépend de la plage sur laquelle il vit : certaines plages sont orientées nord-sud, et d'autres sont orientées est-ouest par exemple. Par conséquent, il y a assez peu de mélange génétique entre talitres de différentes plages.

Cette aptitude est très importante pour lui. Bien qu'il sache nager et qu'il recherche l'humidité, le talitre fuit la mer et remonte vers le haut de la plage lors de la marée montante. Il est même capable de se déplacer de 200 mètres en une seule nuit ! On peut donc corréler son emplacement sur l'estran avec le coefficient de marée.

L'éboueur des plages

Le talitre reçoit parfois le qualificatif d'éboueur des plages en raison de son régime alimentaire : c'est un nécrophage et un détritivore qui se nourrit des déchets qu'on trouve sur les plages. Il apprécie non seulement les algues des laisses de mer, mais aussi le plancton, les vélelles, les janthines (gastéropodes marins), ainsi que les déchets végétaux d'origine terrestre. Tous les détritus organiques lui conviennent, mais il se nourrit principalement d'algues et son plat préféré est d'ailleurs l'algue brune. Suivant l'abondance du festin, des milliers de talitres peuvent se trouver ensemble au même endroit pour partager le couvert.

Attention à la confusion : le talitre sauteur aime les algues, dont il se régale. Ailleurs qu'à proximité des laisses de mer, notamment dans les secteurs rocheux, il est remplacé par un autre crustacé qui lui ressemble, l'orchestie, et qui appartient d'ailleurs à une famille voisine. Celui-ci est cependant pourvu d'une pince, ce qui permet de le différencier facilement de la puce de mer.

Le talitre a une utilité importante pour l'homme. Comme il est très sensible à la qualité de l'eau et des algues, c'est un indicateur de pollution, comme les marées noires et les marées vertes.

Par Charles LorrainPublié le 25/04/2019
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