Une île déserte pourrait accueillir les déchets nucléaires du Japon
Photo : CMSGT Don SutherlandLa question de l'énergie nucléaire reste sensible au Japon, mais le gouvernement nippon a annoncé vouloir rétablir un usage maximal du nucléaire rapidement. Dans cette optique, une île du Pacifique est considérée pour servir de zone de stockage pour les déchets contaminés.
Il y a 15 ans, la tristement célèbre catastrophe de Fukushima a ravivé les craintes et les peurs autour de l'utilisation de l'énergie nucléaire. En janvier 2026, malgré l'hostilité d'une partie de la population nippone, le gouvernement japonais a annoncé vouloir relancer le nucléaire afin de réduire la dépendance du pays à l'importation des énergies fossiles. Dans cette optique, l'opérateur TEPCO a réactivé la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (préfecture de Niigata), plus grande installation nucléaire au monde.
Avec cette reprise, une question revient sur le devant de la scène : que faire des déchets nucléaires ? On sait que l'eau contaminée de Fukushima est reversée dans l'eau, sous contrôle, mais il est aujourd'hui impensable d'en faire de même avec les déchets radioactifs, bien que ce fut longtemps une pratique hélas courante. Désormais, ils doivent être stockés dans des endroits soumis à des examens approfondis et répondre à des critères de choix stricts, et une île, Minamitori-shima, pourrait devenir la destination finale des déchets nucléaires produits par le pays.
Située à environ 2 000 kilomètres à l'est de Tokyo, au cœur de l'océan Pacifique, l'île de Minamitori n'est pas habitée et elle est interdite au tourisme. Seuls des météorologues, des garde-côtes et du personnel militaire peuvent séjourner sur ce triangle de terre d'une superficie de 1,51 km², de formation corallienne. Son isolement, comme la constitution de ses fonds sous-marins, pourrait en faire un candidat idéal pour l'enfouissement des déchets nucléaires, qui seraient alors enterrés à 400 mètres de profondeur.
Des études géologiques vont être menées pour déterminer la viabilité du projet, en s'assurant que les roches sous-marines sont indiquées pour un stockage sécurisé à très long terme, mais Minamitori-shima répond déjà à plusieurs critères : elle est inhabitée, contrairement aux autres sites de stockage envisagés (sur les îles majeures de Kyushu et d'Hokkaido), et elle possède des terres inexplorées qui pourraient accueillir les infrastructures nécessaires. Enfin, son statut administratif permet à l'État japonais, dont elle dépend directement, de s'ôter une épine du pied en évitant les débats avec la population locale et les municipalités souvent opposées à ce type d'initiative.
La décision finale sera prise après un examen du site en trois phases (documentation, exploration préliminaire puis forage), qui pourrait demander plusieurs années. Si elle venait à être retenue, l'île Minamitori deviendrait le premier site d'enfouissement de déchets nucléaires du Japon, qui ne dispose pour le moment que d'installations provisoires pour leur stockage.














