Cette plage sauvage du Gard devient payante

Cette plage sauvage du Gard devient payante

À partir du 1er avril (et ce n'est pas une blague), un coin de paradis du littoral gardois ne sera plus tout à fait aussi libre d’accès. Situé au Grau-du-Roi, le site naturel de l’Espiguette, célèbre pour ses paysages sauvages et ses dunes à perte de vue, devient payant pour les automobilistes. Une évolution qui risque de faire réagir les amateurs de plages préservées.

Concrètement, ce ne sont pas les dunes ni la plage en elles-mêmes qui deviennent payantes, mais le stationnement sur l’aire naturelle des Baronnets, principal point d’accès au site. À compter du printemps et jusqu’à la fin septembre, il faudra s’acquitter d’un droit d’entrée pour y garer son véhicule. Le tarif journalier est fixé à 7 euros pour une voiture, avec des ajustements selon l’horaire ou le type de véhicule.

Ce changement s’inscrit dans une logique de régulation de la fréquentation. Car l’Espiguette n’est pas une plage comme les autres : c’est un site classé, fragile, où l’écosystème dunaire évolue constamment sous l’effet du vent et de la mer. Long de près de 10 kilomètres, ce cordon sableux figure parmi les espaces les plus sauvages du littoral méditerranéen français, attirant chaque année des milliers de visiteurs.

Face à cette affluence, les autorités locales cherchent à limiter l’impact humain sur cet environnement sensible. L’objectif est double : préserver la biodiversité — flore spécifique, oiseaux marins, zones humides — et mieux encadrer les flux de visiteurs, notamment en haute saison. Le stationnement payant apparaît ainsi comme un levier dissuasif pour les accès massifs en voiture, tout en finançant l’entretien et la protection du site.

Pour les habitués, la pilule pourrait être difficile à avaler. L’Espiguette a longtemps symbolisé une certaine idée de la plage libre, loin des aménagements bétonnés et des parkings standardisés. Mais cette évolution n’est pas totalement nouvelle : le stationnement y était déjà encadré par le passé, et la tendance à la régulation se renforce partout sur les littoraux sensibles.

Reste une bonne nouvelle pour les puristes : l’accès à pied ou à vélo demeure gratuit. Une incitation claire à privilégier les mobilités douces pour continuer à profiter de ce joyau naturel… sans passer par la caisse.

Par Erwan Dutellier