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Le danger des containers qui tombent en mer

Chaque année, le fret maritime charrie plusieurs milliards de tonnes de marchandises d'un bout à l'autre de la planète. Un trafic essentiel à notre économie qui ne se fait pas sans quelques containers qui tombent à l'eau. Loin d'être anodins, ces conteneurs représentent un réel danger tant pour l'environnement que pour la circulation en mer.
Le danger des containers qui tombent en mer

Environ 90% du trafic mondial de marchandises passe par le transport naval. En 2017, le transport de marchandises conteneurisées représentait environ 17% de ce trafic et équivalait à 148 millions de conteneurs de 20 pieds. Un volume colossal dont l'acheminement sur les routes commerciales maritimes nécessite qu'une armada de porte-conteneurs sillonne jour et nuit nos océans. Avec une telle frénésie, il est alors inévitable que des containers se perdent en chemin.

Les causes de la perte d'un container en mer

Sans surprise, le mauvais temps est la principale raison qui fait qu'un container termine sa vie dans l'eau. Sur un porte-conteneurs en effet, les containers sont empilés les uns sur les autres en pontée (autrement dit, sur le pont) et sont répartis de façon à ce que le navire soit équilibré. Tant que le temps est au beau fixe, tout se passe bien. Toutefois, les choses se gâtent si le bateau est pris dans une tempête : le bâtiment gîte, est pris dans un roulis et, si la houle et les vents sont trop forts, peut même tanguer à 40°. Dans de telles conditions, il est quasi impossible que les systèmes de fixation des containers tiennent, les laissant alors tomber par-dessus bord. Fin novembre 2020, c'est de cette manière que le MV One Apus a perdu dans le Pacifique 1.816 des containers qu'il avait à son bord.

Parfois, toujours à cause d'un mauvais grain, le capitaine peut craindre pour l'intégrité de son navire et donc pour la vie de son équipage. Il peut alors décider en dernier recours de se débarrasser d'une partie des containers qu'il transporte pour rééquilibrer le navire. Mieux vaut en perdre une centaine que plusieurs milliers en cas de naufrage, n'est-ce pas ? Enfin, des containers peuvent se retrouver à l'eau tout simplement parce qu'il y a eu négligence (arrimages mal faits, chargement mal effectué, fausses déclarations du poids total, des choses qui arrivent plus souvent qu'on ne le croit), ou à cause d'un matériel défectueux.

Conteneurs à l'eau : un nombre flou

En un an, des centaines de containers finissent ainsi à la mer. Difficile par contre de mettre un chiffre précis dessus. Selon la World Shipping Council (WSC), un organisme regroupant les principaux transporteurs maritimes, 779 containers échoueraient chaque année dans les océans en moyenne. Un chiffre à prendre avec prudence puisqu'il se base non pas sur une enquête minutieuse, mais sur les déclarations volontaires des armateurs qui, pour ne pas avoir mauvaise réputation ou pour des raisons financières, cachent souvent leurs pertes.

Les écologistes, eux, penchent plutôt pour un chiffre oscillant entre 10.000 et 15.000 containers par an, une estimation que rejoint l'Alliance des intérêts maritimes régionaux en Europe, un lobby créé en 1994.

containers

Des conséquences sur la navigation et l'environnement

Un container flotte approximativement pendant 2 ou 3 mois avant de couler, une période durant laquelle il représente un danger équivalent à une voiture stationnée au milieu d'une voie rapide. S'il est heurté par un bateau, le choc peut être assez important pour créer une voie d'eau dans la coque. Les containers qui flottent entre deux eaux sont ainsi bien connus des capitaines, plus particulièrement des skippers. Ce sont par exemple les types d'objets flottants non identifiés les plus craints lors d'une course comme le Vendée Globe Challenge.

Ensuite, il est évident que plusieurs tonnes de chaussures, de produits électroniques ou carrément de produits toxiques qui terminent leurs courses dans la mer ne sont pas inoffensives pour l'environnement. Certains containers se brisent non loin des côtes et libèrent leurs contenus sur les plages à l'instar de ces téléphones Garfield s'échouant régulièrement depuis 40 ans sur la côte Iroise. Ceux qui coulent, eux, diluent lentement des composés plus ou moins toxiques dans l'eau. La majorité du temps, cela n'est évidemment pas aussi dangereux que ces déchets nucléaires déjà entreposés en mer, mais dans l'absolu, l'impact des containers perdus en mer sur l'environnement mérite d'être étudié de plus près. Jusqu'ici, on sait seulement que même en atterrissant dans les abysses, à 1.300 mètres de profondeur, ils sont pris d'assaut par une faune variée qui compte bien en coloniser chaque cm².

Des solutions pour retrouver les containers perdus en mer

Cela peut paraître étonnant, mais des sociétés se sont spécialisées dans la recherche et le renflouage de containers tombés en mer. Dans la plupart des cas, elles sont sollicitées pour minimiser l'impact sur l'environnement dans le cas où les containers contiennent des produits chimiques dangereux ou, le plus souvent, dans le cadre de l'enquête consécutive à l'incident. Il faut savoir en effet que la perte de centaines de containers assurés est une affaire de gros sous. Dans le cas du MV One Apus par exemple, l'assurance devrait débourser 200 millions de dollars (soit 164 millions d'euros) si tous les containers perdus ont été assurés. Il est donc dans l'intérêt de l'assureur de faire la lumière sur les circonstances de l'incident.

porte-conteneurs

Dans de rares cas, des propriétaires soucieux de récupérer leurs biens peuvent également faire appel à ces sociétés. Il s'agit toutefois d'une entreprise risquée puisqu'une telle opération de sauvetage coûte des centaines de milliers d'euros, alors qu'il n'existe aucune garantie que les containers seront bien retrouvés. Et quand bien même, les marchandises qu'ils contiennent seront certainement endommagées et impropres à la vente. Le plus simple sera donc toujours d'assurer les containers.

Il existe également des solutions GPS permettant de suivre à la trace les containers, perdus ou pas. De quoi limiter les coûts d'intervention ou permettre de nettoyer plus facilement les océans de ces dangers flottants.

Enfin, il peut arriver qu'un container s'échoue spontanément sur une plage après des années d'errance sur les courants marins. Dans un cas pareil, sachez qu'il est illégal de se servir en évoquant le fameux "trouver n'est pas voler". Légalement en effet, la marchandise appartient toujours à l'expéditeur ou à son assureur s'il a été indemnisé.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 06/04/2021
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