Cette petite pieuvre bleue tout mignonne est une récente découverte

Elle est à peine plus grosse qu'une balle de golf et tient sans problème dans la paume de la main : la Microeledone galapagensis est officiellement une nouvelle espèce de pieuvre.
Cette petite pieuvre bleue tout mignonne est une récente découvertePhoto : image d'illustration générée par l'IA

Microeledone galapagensis est une minuscule pieuvre bleue de moins de 2 cm de diamètre (sans ses tentacules), qui a été découverte il y a de cela 11 ans, mais qui a été confirmée comme espèce nouvelle en mai 2026.

Une rencontre fortuite dans les abysses

L'histoire débute en 2015 lors d'une expédition scientifique du navire "EV Nautilus" au large des îles Galápagos, dans l'océan Pacifique. Les chercheurs exploraient les profondeurs à l'aide d'un robot sous-marin télécommandé équipé de caméras lorsque, à environ 1 750 mètres de profondeur, un tout petit poulpe attira leur attention.

Les scientifiques le capturèrent et prirent une photographie qu'ils envoyèrent à Janet Voight, spécialiste mondiale des pieuvres au Field Museum de Chicago. En la voyant, cette dernière pensa immédiatement qu'il s'agissait là d'une nouvelle espèce.

Un mode d'étude qui respecte l'animal

Plus tard, 7 ans plus tard précisément, la spécialiste finit par avoir le spécimen entre les mains. Devant sa fragilité extrême toutefois, elle préféra ne pas courir le risque de le disséquer et se mit en quête d'une méthode non destructive pour étudier l'animal. Elle la trouvera dans la microtomographie aux rayons X : le procédé prend des milliers d'images du mystérieux poulpe qui sont ensuite assemblées afin d'en créer un modèle 3D extrêmement précis, révélant aussi bien sa morphologie que son anatomie interne.

L'analyse a mis en évidence plusieurs caractéristiques inédites. La pieuvre n'a pas de poche d'encre, possède une peau lisse, très peu de ventouses, et surtout ses bras sont particulièrement courts. Ce dernier trait est inhabituel chez les pieuvres qui ont généralement besoin de longs tentacules flexibles pour se déplacer et surtout pour capturer efficacement leurs proies.

Plus important encore, l'analyse de tous les attributs ainsi que des particularités du poulpe ont finalement confirmé qu'il s'agissait bien d'une nouvelle espèce.

Une couleur bleue pour se protéger

La Microeledone galapagensis conserve encore une belle part de son mystère. À part le fait qu'elle ressemble furieusement à une peluche, tout le reste n'est que conjecture. Par exemple, les scientifiques pensent que sa couleur atypique lui sert avant tout à compenser son handicap à la chasse. Ce serait une sorte de camouflage qui, lorsqu'elle chasse des organismes bioluminescents, masque la lumière de ces proies, évitant ainsi d'attirer des prédateurs plus imposants.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 09/08/2026