À plus de 2 500 mètres sous la Méditerranée, au large de Ramatuelle, dans le Var, se trouve un trésor insoupçonné : un navire vieux de 5 siècles échoué sur le fond marin. Découvert totalement par hasard par la Marine française en 2025 lors d'une campagne hydrographique, le bateau a fait l'objet d'une exploration plus minutieuse en avril 2026.
L'épave, baptisée "Camarat 4", est longue d'environ 30 mètres pour 7 mètres de large. Le navire serait un bâtiment de commerce, vraisemblablement parti d'Italie du Nord. Sa cargaison comprend plusieurs centaines de récipients en céramique, notamment des pichets ronds polychromes et des assiettes en faïence de Ligurie. Six canons en fer forgé ainsi que des chaudrons figurent également parmi les vestiges repérés.
L'opération du printemps 2026, nommée "Calliope 26.1", a été menée conjointement par la Marine nationale, le Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) et le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm). L'équipe de militaires et d'archéologues qui en avait la charge firent descendre un robot sous-marin téléguidé, bardé de caméras et de capteurs, vers l'épave. Il a permis de prendre en photo le site sous toutes ses coutures, engrangeant pas moins de 68 000 clichés en 3 heures. L'objectif : construire une modélisation 3D de l'épave afin de pouvoir l'observer à loisir.
Équipé de bras manipulateurs, le robot a également servi à récupérer quelques objets de l'épave, à savoir 3 pichets et une assiette. Ces prélèvements aideront les spécialistes à confirmer l'origine des céramiques, mais également à mieux comprendre leur parfaite conservation malgré une immersion si prolongée dans les abysses. À ce jour en effet, gisant à 2,5 km sous la surface, "Camarat 4" est l'épave qui repose le plus profondément dans les eaux françaises. Une caractéristique qui lui a d'ailleurs permis d'éviter d'être pillée.
Sans surprise, la Marine a soigneusement évité de dévoiler l'emplacement du navire. C'est à peine si l'on sait que 2 heures de navigation depuis la côte varoise ont été nécessaires pour rejoindre le site. Une précaution obligatoire pour que ce rare témoignage de l'histoire maritime du 16e siècle demeure intouché.
La Marine nationale dévoile les secrets d'une épave vieille de 5 siècles












