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Les filets fantômes, un danger dont on parle peu

Les océans et les mers de notre belle planète sont vitaux à notre survie et pourtant, entre le plastique, la surpêche ou encore l'acidification, de nombreux dangers planent au-dessus d'eux. Il en est même un, tout aussi dangereux, dont on parle assez peu : les filets fantômes.
Les filets fantômes, un danger dont on parle peu
Photo: olty2009

La pêche, tout animal marin confondu, est une gigantesque industrie qui pesait 217,5 milliards de dollars (193,6 milliards d'euros) en 2012. Un chiffre en constante augmentation vu que la production mondiale grandit en moyenne de 3,7% par an, soit 37% sur ces 10 dernières années. Et encore, il s'agit là de chiffres très sous-estimés selon les scientifiques canadiens de l'Université de British Columbia.

Cette course à la productivité a mis à flot plusieurs millions de navires, sans parler des pêcheurs à envergure plus locale. Toute cette flotte rejette évidemment des déchets dont, parmi les plus dangereux, des filets qui partent à la dérive.

Qu'est-ce qu'un filet fantôme ?

Un filet fantôme est donc un filet partiel ou entier rejeté en mer et qui continue à piéger poissons et faune marine... pour rien. L'outil peut dériver entre deux eaux ou pire, s'accrocher à des récifs et représenter un danger pour toute la biodiversité foisonnante de ces zones.

On ne parle évidemment pas ici de petits filets, même s'il peut arriver qu'un pêcheur en boutre en perde un. Ceux qui font le plus de dégâts sont les chalutiers, fileyeurs et autres thoniers avec leurs énormes filets de 500 mètres et de 6 tonnes.

Les raisons pour lesquelles un tel outil de pêche se retrouve à vadrouiller librement dans l'océan sont multiples, mais l'abandon en est rarement une, vu leur coût, sauf si celui-ci est irrémédiablement endommagé. Il arrive cependant que le filet se déchire en s'accrochant à un récif ou à un haut fond, se perde dans une tempête, soit emporté par de trop forts courants ou encore entraîné par un autre navire. Des accidents qui arrivent plus souvent qu'on ne le pense : 10% du plastique dans les océans seraient ainsi constitués de filets de pêche.

Un impact énorme sur l'écosystème marin

Les filets fantômes continuent de piéger les animaux marins : poissons, crustacés, mais également tortues, dauphins et même oiseaux de mer peuvent s'y empêtrer et y mourir. Mais c'est quand un filet s'installe sur un récif que les dégâts sont les plus importants : destruction du corail, dépopulation, déséquilibre dans la chaîne alimentaire, etc.

La décomposition des "proies" va également attirer des prédateurs qui se retrouveront, à leur tour, piégés. Les filets fantômes ont ainsi un impact important sur la baisse du stock de poissons et sur la destruction des écosystèmes marins.

Pour ne rien arranger, les filets sont généralement faits en un nylon très résistant, ce qui signifie qu'ils sont là pour longtemps (400 ans) s'ils ne sont pas repêchés. Cela signifie également que les filets vont s'accumuler dans les océans au fil des années.

Des solutions existent

Lutter contre cette capture cruelle et inutile d'animaux marins est faisable. En 2018, le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale va fabriquer puis faire tester des filets de pêche biodégradables. D'autres font dans l'écoconception, comme la firme Bureo qui récupère les vieux filets des pêcheurs chiliens avant qu'ils ne les jettent, pour en faire des lunettes de soleil ou des planches de skate. En 2 ans d'existence, l'entreprise a ainsi récolté 50 tonnes de filets.

De même, on peut également envisager des primes d'incitation pour que les pêcheurs rapportent leurs filets usés au lieu de les jeter en mer, ou encore, comme l'a fait Bureo, valoriser ces déchets afin d'en faire une matière première convoitée. Puisque le repêchage des filets fantômes est possible, mais reste une opération coûteuse, valoriser ces déchets pourrait inciter plus de monde à les récupérer.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 31/05/2017
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