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Le rêve de la traversée de l'Atlantique à la rame

L'Atlantique est un immense océan qui a fait rêver les aventuriers les plus fous de leur époque. Il est tumultueux et impétueux, mais surtout sépare deux mondes que les hommes désiraient à tout prix réunir. De quoi exacerber l'esprit de conquête de nombreux hardis navigateurs.

Le rêve de la traversée de l'Atlantique à la rame
Photo: Tim Snell

Divisé en deux parties, le nord et le sud, l'Atlantique est une vaste étendue d'eau faisant 102 millions de km² séparant le continent américain des continents européen et asiatique au nord, et du continent africain au sud. Traverser l'Atlantique du nord prend généralement plus de 5.000 km, dépendamment de la côte de départ et d'arrivée, contre 3.000 et plus pour l'Atlantique sud. Une traversée que les plus courageux font à la rame et même en solitaire malgré les dangers que l'on y rencontre.

Un voyage périlleux

Parcourir l'océan Atlantique n'est pas une mince affaire. Comme pour tous les océans dirions-nous, mais l'Atlantique compte parmi les plus dangereux surtout si l'on s'y risque durant la mauvaise saison, celles des cyclones. Généralement étalée du premier juin à fin novembre, cette saison est propice à la formation de tempêtes et de dépressions tropicales, voire de cyclones et d'ouragans. Mais même sans arriver jusqu'à de telles formations, de simples perturbations mettront à mal un canot ballotté par les flots.

En partant hors saison cyclonique, il faudra tout de même faire attention aux énormes creux de 10 mètres, mais aussi aux autres bateaux, surtout que l'océan Atlantique concentre la majorité du trafic maritime mondial, et enfin aux OFNI pour Objets Flottants Non Identifiés (épaves, conteneurs, bois, etc.) qui peuvent percer la coque. Évidemment, il faudra aussi composer avec l'humidité permanente, les risques de passer par-dessus bord et le froid.

Mais au-delà de tous ces périls, l'épreuve la plus dure pour le navigateur reste l'isolement : déconcentration dû à la routine, moral en berne, sentiment d'euphorie qui pousse à l'imprudence, ou encore peur et doute qui empêchent de réfléchir correctement, la solitude peut peser beaucoup sur qui n'est pas assez fort ou pas bien préparé.

Les conquérants de l'Atlantique à la rame

Au tout début, la traversée à la rame s'est faite à l'ancienne, sans GPS ou VHF, une situation typique de l'Homme contre les éléments. C'était le cas de George Harbo et de Frank Samuelsen, des Américains d'origine suédoise partis le 6 juin 1896 de Manhattan, à New York, pour arriver le 1er août suivant aux îles Scilly, un archipel britannique. À bord du Fox, les deux navigateurs auront parcouru 5.230 km en 55 jours et 13 heures.

Il faudra attendre 70 ans pour que quelqu'un retente l'aventure et c'est un autre couple de marins, les britanniques Chay Blyth et John Ridgway, qui s'y réessaie. Ils partent de Cap Cod, dans le Massachusetts aux États-Unis, pour rejoindre 91 jours plus tard les îles irlandaises d'Aran.

Le premier à traverser l'Atlantique à la rame en solitaire fut un autre britannique, John Fairfax, un fou furieux qui a débarqué en Floride, sur Hollywood Beach, le 19 juillet 1969 après un voyage de 6 mois au départ des îles Canaries. Pour donner une idée du personnage, Fairfax est allé vivre à 13 ans dans la jungle argentine pour "vivre comme Tarzan" et y a très bien survécu en vivant de troc de fourrures. À l'âge de 20 ans, il a tenté un suicide par jaguar interposé, s'armant tout de même d'un pistolet dans le cas où il changerait d'avis, chose qu'il a évidemment faite.

Parti 4 mois après Fairfax, Tom McClean arriva 8 jours après lui au terme de 70 jours 18 heures et 35 minutes passés seul sur l'océan Atlantique. Cette traversée, McClean l'a faite presque sur un coup de tête et sans préparation dans un canot qu'il a construit lui-même.

Après ces traversées marquantes, quatre navigateurs inscrivirent leurs noms sur la liste restreinte des élus : Sidney Genders, Geoff Allum et son cousin Don Allum qui fut le premier à traverser à la rame l'Atlantique dans les deux sens, et enfin Gérard d'Aboville, le premier français à avoir effectué la traversée à la rame : c'était en 1980.

À partir de là, l'aventure a été facilitée par les outils modernes, ce qui n'enlève en rien l'exploit réalisé. Citons pour finir Maud Fontenoy qui, en 2003 et à l'âge de 25 ans, est devenue la première femme à avoir traversé l'Atlantique. Elle a rallié La Corogne, en Espagne, en partance de Saint-Pierre-et-Miquelon, une collectivité d'outre-mer française en Amérique du Nord. Un périple qui a duré 117 jours 14 heures et 10 minutes pour 6.498 km parcourus.

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