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Pollution : comment traiter une épave pleine de mercure ?

Pollution : comment traiter une épave pleine de mercure ?
Photo: Ben eBaker - Plongeur autour d'une épave

De nombreuses épaves de toutes époques gisent au fond des mers et des océans. L'une des plus étranges est sans nul doute celle de l'U864, un sous-marin allemand coulé le 9 février 1945 dans la Mer du Nord, à proximité de Bergen, en Norvège.

Les Allemands, en très mauvaise posture en Europe, espéraient encore pouvoir changer le cours de la guerre en aidant leur allié dans le Pacifique, le Japon, à remporter des victoires de son côté et ainsi détourner l'attention des États-Unis du front européen. Pour ce faire, le Reich a mis en place l'opération Caesar qui visait à fournir aux Japonais les plans de leur moteur à réaction Messerschmitt Me 262, ainsi que 67 tonnes de mercure, qui entre dans la fabrication de certaines amorces de munitions.

La mission a été confiée au sous-marin U864, qui n'avait jusqu'alors connu que très peu d'avaries. Il devait convoyer la précieuse cargaison de Kiel, sur la Baltique, au Japon, via le Cap de Bonne Espérance. Mais tout ne se passe pas comme prévu et après une escale non prévue à Bergen, il doit rebrousser chemin en raison d'une avarie moteur. Les services de renseignements britanniques ayant eu vent de l'opération, l'U864 est coulé avec son équipage et sa cargaison par un sous-marin anglais, le HMS Venture.

L'histoire aurait pu en rester là, si ce n'était la nature du chargement du sous-marin : le mercure est un métal liquide hautement toxique qu'on risque de retrouver sur les côtes environnantes ainsi que dans les poissons. L'épave découverte en 2003 par 160 mètre de fond, est problématique. En raison de la corrosion des bouteilles par l'eau de mer, le mercure s'est déjà répandu sur 3 ha et menace alors de se fractionner et de se disperser davantage à chaque tempête. De plus, la proue est au bord d'un fossé sous-marin et menace de sombrer encore plus profondément.

Devant le risque encouru lors d'une opération de renflouement, il a été décidé de laisser le mercure sur place et de faire le nécessaire pour empêcher sa dispersion. La technique choisie est celle de l'enrochement, déjà utilisée pour protéger les câbles sous-marins. Ainsi, grâce à un robot, 30.000 tonnes de sable et 160.000 tonnes de roches ont été déposées sur l'U864 et la zone contaminée. Dans le cahier des charges qui a été remis à Van Oord, la société néerlandaise chargée de l'opération, la quantité de mercure autorisée à s'échapper lors de l'opération ne pouvait être que de... 220 ml ! L'opération a été réalisée au printemps 2016.

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