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Land art : quand les artistes s'expriment à la plage

Parce qu'il n'entre pas dans les musées, le Land Art est peu connu du grand public. Pourtant, en s'exprimant à travers les paysages, cette activité artistique est susceptible de toucher n'importe qui, n'importe quand.

C'est au sein même de la nature que le Land Art trouve sa plus parfaite expression. Signifiant littéralement Art de la Terre, ce concept profite des espaces offert par la nature et joue avec les paysages.

Les origines du Land Art

Le Land Art apparaît à la fin des années 1960, grâce à des artistes américains qui désirent sortir des musées traditionnels. A l'instar des cinéastes de la nouvelle vague qui ne veulent plus réaliser leurs films en studio, ces amoureux de la nature veulent en faire leur outil de travail. L'idée est de créer des œuvres sur des terres souvent ignorées, comme le désert.

Cette poignée d'artistes, comme Michael Heizer ou Robert Smithson, ont véritablement créé un nouveau mouvement, plusieurs décennies avant l'explosion de la conscience écologique. Leurs œuvres, conçues à l'extérieur, sont exposées aux éléments et donc soumises à l'érosion, ce qui leur confère parfois une nature éphémère. Beaucoup ont même déjà disparu et n'existent que dans les souvenirs ou sur quelques photographies.

Les pionniers du bord de l'eau

Jouant avec les matériaux de la nature que sont le sable, la terre, le bois, la pierre..., le Land Art ne pouvait que trouver sa place sur un littoral. Cet environnement correspond tout à fait à l'objectif de cette tendance : sortir des galeries et se débarrasser des chevalets.

L'une des réalisations les plus connues est sans doute la Spiral Jetty (jetée en spirale) de l'américain Robert Smithson. Créée en 1970, au bord du lac Great Salt Lake, dans l'Utah, cette digue en forme de boucle a été fabriquée à base de roche, de boue et de cristaux de sel. Engloutie par une brusque montée des eaux deux ans plus tard, elle réapparaît aujourd'hui de temps en temps, modifiée par les forces des éléments extérieurs. La spirale de Smithson est devenu ainsi le symbole de la domination de la Nature sur l'Homme.

En 1971, Smithson récidive avec le Broken Circle, une avancée de terre, à nouveau sur un lac, à Emmen, aux Pays-Bas. Ce cercle brisé tourne dans le sens des aiguilles d'une montre. Prévu pour être une œuvre temporaire, il a plus ou moins résisté au temps qui passe, grâce à la volonté de la population locale, aidée par les recommandations de l'artiste. Bien qu'elle ait perdu sa forme originale, l’œuvre reste encore visible aujourd'hui.

Les artistes américains Christo & Jeanne-Claude ont réalisé, en 1983, une œuvre étonnante à Miami. Baptisée Surrounded Islands (les îles entourées), il s'agit d'une ceinture de plastique rose fushia qui entoure 11 îles de la baie de Biscayne, sur plus de 11 km. Cette création a demandé l'aide de 430 personnes pendant plus de 6 mois, pour rester exposée... 2 semaines ! Connu également pour ses rideaux et emballages, Christo avait déjà réalisé en 1969 l'emballage de la baie de Sydney ("Wrapped Coast"), enveloppant ainsi de tissu plus de 2 km de côte australienne.

Du Land Art au Beach Art

Disparu prématurément dans un accident d'avion, alors qu'il photographiait l'une de ses œuvres, Smithson a suscité beaucoup de vocations et inspiré de nombreux artistes contemporains, comme Vik Muniz ou Richard Serra. Certains d'entre eux ont spécifiquement choisi la plage comme terrain de jeux.

Le surfeur Jim Denevan aime dessiner des figures géométriques sur le sable. Dans le même esprit que les célèbres "crop circles", les œuvres gigantesques de Denevan s'apprécient surtout en altitude.

Dans la même veine, le britannique Tony Plant est un artiste environnemental. Il ne réalise pas que des fresques sur le sable. Il dessine même dans la mousse accrochée aux rochers.

Andrew van der Merwe est un autre sculpteur de sable. Ce calligraphe, établi en Afrique du Sud, réalise de mystérieuses écritures, sorte de langage extraterrestre fait d'idéogrammes gravés sur des plages.

Andres Amador s’entraîne quant à lui sur les plages de Californie. Armé de ses râteaux, il profite de la marée basse pour travailler le sable humide. Préparées par ordinateur, ses œuvres sont ensuite réalisées sur site, avec pour objectif de les terminer avant que l'océan ne les recouvre.

A Biarritz, Sam Dougados s'est inspiré des œuvres de Denevan pour réaliser d'immenses fresques, que la marée finit par emporter. L'artiste, qui créé souvent sans aucun public, conserve ses œuvres en les photographiant.

La suédoise Gunilla Klingberg a trouvé un moyen original et plus rapide pour habiller les plages : un tracteur. L'artiste "imprime" carrément toute une plage à l'aide de motifs dessinés sur un cylindre à l'aide de vieux pneus de camion, cylindre tiré ensuite par un tractopelle.

Le sculpteur sud-africain Andries Botha a installé quant à lui tout un troupeau d'éléphants en bois, sur la plage de la Panne, en Belgique. Les animaux semblent descendre la dune jusqu'à la mer.

Si l'aventure vous tente et que vous vous sentez l'âme d'un artiste, il ne vous reste plus qu'à prendre un râteau ou quelques galets pour réaliser vos propres œuvres, avec un peu de patience et beaucoup de poésie.

Par Guillaume DaveluyPublié le 11/02/2013
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