Ocean one, le robot à la conquête des abysses

Ocean one, le robot à la conquête des abysses

Les robots humanoïdes existent depuis longtemps dans les livres et les films de science-fiction. Depuis quelques années, ils sont devenus réalité et ont trouvé des fonctions d'employé de maison ou d'agent d'accueil. Mais la vraie révolution est peut-être ailleurs, dans des champs inaccessibles à l'être humain. Parmi ceux-ci, l'archéologie sous-marine.

C'est dans cette discipline que s'est illustré récemment le surprenant robot-plongeur Ocean One. Cet étrange humanoïde a été conçu dans un laboratoire de l'université de Stanford, aux États-Unis, par les équipes du professeur franco-syrien Oussama Khatib, ancien élève de Sup-Aéro Toulouse.

Des sous-marins téléguidés ou automatiques existent déjà. Mais contrairement aux apparences, la nouveauté d'Ocean One ne réside pas tant dans sa forme que dans ses aptitudes à l'exploration des épaves. Ce robot est capable de se déplacer grâce à ses hélices et de saisir des objets dans ses mains. Mais, surtout, il est équipé de technologies haptiques. Ces technologies, déjà utilisées pour la chirurgie, permettent de transmettre à l'opérateur en surface la sensation du toucher et les résistance des matériaux en contact avec les mains de l'humanoïde. Il devient dès lors possible de manipuler des objets fragiles à des profondeurs inaccessibles à l'être humain.

Le premier test en grandeur nature a été fait mi-avril au large de Toulon à une profondeur de 90 mètres. La Lune, un navire de guerre de 800 tonneaux de Louis XIV coulé en 1664, est devenu le cercueil de ses 350 membres d'équipage, de leur matériel et de leur armement. Le robot et les résultats de cette exploration ont été présentés à Marseille le 28 avril 2016, avec l'ouverture de l'exposition célébrant les 50 ans du DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines), qui a été partie prenante du projet.

Les possibilités ouvertes par Ocean One sont immenses. Il existe de très nombreuses épaves de par le monde, mais il est impossible pour les archéologues de réaliser des fouilles au-delà de 60 m de profondeur. Pour le moment, le prototype est prévu pour explorer jusqu'à une profondeur de 100 m, mais les capacités seront rapidement étendues à 500 m. Un bienfait pour la science quand on sait que les filets de pêche peuvent endommager des épaves jusqu'à des profondeurs de plus de 1500 m.

Par Charles Lorrain