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Les obstacles anti-débarquement situés sur les plages

La mer reste un obstacle naturel efficace contre les invasions, à une condition : que l'envahisseur ne puisse pas quitter les plages. De nombreux dispositifs ont été installés sur les plages menacées, pour entraver l'arrivée des navires et la progression des véhicules et de la troupe. Mais peu d'entre eux sont encore visibles de nos jours.
Les obstacles anti-débarquement situés sur les plages

Lorsqu'un territoire se sent menacé par un agresseur extérieur, il lui revient d'assurer ses frontières. Ses frontières terrestres, bien entendu mais également ses frontières maritimes. Lorsque le littoral est bien défendu, la mer peut permettre à un défenseur de rivaliser face à un assaillant bien plus puissant en l'empêchant de poser le pied à terre.

Des dispositifs de protection historiques

En 1940, les îles britanniques ont échappé à l'invasion allemande grâce à la Royal Navy et aux exploits de la Royal Air Force. Mais lorsque la maîtrise de l'air et des mers n'est pas assurée, la défense doit se faire à terre. Le plus tôt est le mieux, et donc tout se joue le plus près de la mer possible.

On pense tout d'abord à la défense active, c'est-à-dire aux casemates, postes de tir et autres batteries d'artillerie côtière qu'on peut encore souvent observer et parfois même visiter pendant la saison touristique. Mais on oublie parfois la défense passive, car ses éléments et obstacles disposés à même la plage afin d'entraver l'arrivée et l'implantation des troupes d'assaut ont disparu.

Même si les plages françaises n'ont pas l'exclusivité des obstacles de plages, leur installation massive par les Allemands à partir de 1943 et l'épreuve du feu en juin 1944 rendent l'exemple du Mur de l'Atlantique incontournable. La matière première et le temps étant alors très précieux, la récupération a été le maître-mot de toutes ces installations.

Les objectifs des obstacles de plage

A marée basse, la mer se retire et les troupes d'assaut doivent traverser l'estran avant d'arriver au contact. Autrement dit, être à découvert parfois sur plusieurs centaines de mètres. Il est donc généralement admis que les débarquements doivent avoir lieu à marée haute pour que les soldats restent à l'abri de leur bateau le plus longtemps possible.

Il existe d'abord une première catégorie d'obstacles qui visent soit à bloquer les barges de débarquement le plus loin possible du littoral, soit à les faire chavirer ou couler. Une seconde catégorie d'obstacle a été mise en place afin d'entraver la progression des blindés et éventuellement de l'infanterie qui auraient pu débarquer.

La disposition de ces obstacles répond normalement à un schéma théorique, suivant le type d'embarcations attendu, le profil de la plage et la hauteur de la marée. Mais elle dépend également de la configuration particulière de chaque lieu ainsi que des matériaux et de la main d'œuvre disponibles.

plage minée

Typologie des obstacles

Pieux verticaux : Il s'agit de pieux plantés sur la plage, dépassant le sable d'environ un mètre. A marée haute, ils deviennent invisibles, totalement recouverts par les eaux. Il devient dès lors difficile pour les bateaux de les éviter.

Dents de dragon : Les dents de dragon sont des alignements de petites pyramides pleines. Elles ont été utilisées de façon massive le long des fortifications terrestres allemandes, afin d'arrêter des assauts blindés, mais en nombre beaucoup plus réduit sur les plages. En raison de leur faible hauteur (environ 1 m), elles sont disposées en haut des plages. On en trouve encore de nos jours en de nombreux endroits.

Portes belges : Aussi connues sur le nom d'éléments Cointet, du nom de leur inventeur, les portes belges, comme leur nom l'indique, proviennent de Belgique. Constituées d'un ensemble de poutrelles formant un panneau vertical ainsi que d'une flèche destinée à les empêcher de tomber, les portes belges sont conçues comme un obstacle contre les chars et les véhicules légers. L'objectif de ces barrières, n'est pas tant d'arrêter les blindés que de les obliger à rompre leur formation et à présenter leur flanc à l'artillerie. Démontables, elles pouvaient être déplacées d'un endroit à un autre. Il fallait cependant pas moins d'une vingtaine d'hommes pour les positionner à leur emplacement ! Bien que produites à plus de 70.000 unités, il n'en subsiste que très peu d'exemplaires.

Hérissons tchèques : Les hérissons tchèques sont des croisillons de poutrelles d'environ 2 mètres disposés sur les plages. A l'origine en béton et installés par les Tchèques pour protéger leur frontière avec l'Allemagne, ils se sont rapidement répandus sous leur forme métallique. Ceux-ci peuvent être assez facilement déplacés par des explosions ou des gros blindés, mais ils constituent un obstacle efficace contre les véhicules légers tout en offrant un couvert très réduit à l'infanterie.

Tétraèdres : Il s'agit de prismes constitués de poutrelles en béton. Tout comme les hérissons tchèques, ils visent à entraver la progression des chars. Ils ont toutefois été utilisés de façon bien plus marginale que les hérissons tchèques.

Troncs : On en trouve parfois dirigés vers la mer, dans l'espoir que les barges s'empalent à leur rencontre. Cependant, leur pointe regarde généralement la terre. Les barges sont des embarcations de petites dimensions, à faible tirant d'eau, si bien que ce type d'obstacle les fait chavirer avec leurs hommes. (voir photo ci-dessous)

Ces troncs sont parfois désignés improprement sous le terme d'asperges de Rommel. Ceux-ci désignent en toute rigueur des piquets de grande hauteur disposés dans les champs en arrière du littoral pour empêcher les atterrissages de planeurs. Pour éviter les confusions, on conserve parfois pour ces troncs leur nom en version originale "Hemmbalken" (poutre-obstacle).

Tout ceci n'est bien entendu pas exhaustif. On trouve nombre d'autres obstacles, dont des fossés et des escarpements antichars, des champs de mines, des barbelés. Sans oublier de nombreuses anciennes munitions fixées sur les obstacles sus-cités afin d'endommager les embarcations qui les percuteraient.

plage minée

Les vestiges encore visibles de nos jours

Bien que toutes ces défenses aient été installées de manière massive, quoique inégale, sur le littoral atlantique de la Norvège au Pays Basque, il n'en reste qu'assez peu d'exemplaires subsistant de nos jours. Les éléments en bois ont été dissous par le temps et les éléments. Les installations en métal et en béton ont été retirées des plages afin que les populations puissent en retrouver l'usage.

Le plus courant est très certainement le hérisson tchèque et ce pour une raison très simple : il est encore utilisé de nos jours pour protéger certaines bases militaires. Les tétraèdres en béton, plus fragiles et moins pratiques d'utilisation, sont passés de mode. Ces deux types d'éléments existent encore à de nombreux endroits, entreposés ou exposés ailleurs qu'à leur emplacement d'origine, même s'il en apparaît encore régulièrement sous l'effet des mouvements de l'eau et du sable sur le littoral.

Les éléments les plus rares sont les portes belges, dont moins de dix exemplaires subsistent en bon état, notamment dans des musées en France et en Belgique. Une autre a été retrouvée en octobre 2019 enfouie sous le sable de la plage de Saint-Michel-Chef-Chef, en Loire-Atlantique.

Enfin, les troncs et autres pieux en bois ont été rongés par le temps et la mer, même si on en retrouve parfois quelques vestiges enfouis dans le sable, comme sur la plage des Sables Blancs à Concarneau, en 2014. On peut cependant en voir encore en place, à l'autre bout du monde. L'île de Kinmen, sous la menace permanente d'une invasion chinoise, a maintenu ses défenses actives jusqu'à une période très récente, dont des pieux anti-débarquement.

Par Charles LorrainPublié le 05/12/2019
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