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Le sable est-il condamné à disparaître ?

Sujet brûlant d'un documentaire sous haute tension, le sable semble nous filer entre les doigts. Entre l'érosion naturelle et les besoins des hommes, il s'efface progressivement de la surface du globe, menaçant ainsi l'équilibre de la planète. Enquête et révélations sur une disparition aussi grave que silencieuse.

Le sable est-il condamné à disparaître ?
Photo: Une côte américaine (extrait du film)

La chaîne franco-allemande Arte a jeté un pavé dans la mare avec sa soirée thématique sur la disparition du sable dans le monde. Son documentaire, sobrement intitulé "Le sable, enquête sur une disparition" et signé par Denis Delestrac, fait littéralement froid dans le dos. Avec un traitement volontairement alarmiste, le film met le doigt sur les causes et les conséquences des prélèvements de sable qui menacent l'écosystème.

Le BTP, principal voleur de sable

On connaît tous le principe de l'érosion naturelle qui transforme les plages du globe et modifie le paysage marin. Ce dont on parle moins, c'est ce besoin permanent des constructeurs de tous poils : routes, maisons, immeubles, nécessitent d'énormes quantités de sable pour s'édifier. Car le béton, c'est 1/3 de ciment pour 2/3 de sable. Et comme si cela ne suffisait pas, certains promoteurs, comme les émirs de Dubaï, se lancent dans des projets pharaoniques, à l'image des îles artificielles construites par les rois du pétrole.

Ces derniers pourraient profiter du sable offert par le désert : hélas, celui-ci présente une structure incompatible avec leurs exigences. Comme les carrières sont quasiment toutes épuisées, il faut puiser dans les rivières et dans les mers du monde entier. Une destruction lente mais certaine de tout un écosystème, pour construire toujours plus : le volume des échanges internationaux représenterait 70 milliards de dollars par an.

La dérive des marchés parallèles

Car si le sable est également utilisé dans le plastique, le verre, les lessives ou les puces électroniques, c'est le béton armé qui semble être le plus gourmand. A tel point que des trafics s'organisent. "Qui dit raréfaction des réserves dit flambée des prix face à une demande exacerbée", explique la directrice de l'ONG Coastalcare. A Singapour, des dealers revendent du sable sous le manteau. En Inde, la mafia, qui contrôle le secteur de la construction, enrôle des ouvriers de force et corrompt l'administration. Sur les plages du Maroc, des adolescents armés de pelles remplissent des sacs posés sur des ânes, pillant des sites naturels pour fournir les contrebandiers.

Des conséquences désastreuses

Pendant ce temps, le fond des mers se creuse, s’appauvrit en récif corallien et perd ses bancs de poissons. Car l'aspiration du sable par les bateaux-dragueurs élimine tout organisme qui y vit. La faune et la flore sont mises à rude épreuve, impactant de fait les pêcheurs qui constatent une baisse de leur récolte. En Indonésie, la pêche traditionnelle est menacée, des familles entières perdent leur moyen de subsistance. En Bretagne, les marins-pêcheurs sont révoltés : "on ne veut pas que notre site et notre travail soit sacrifiés pour des sociétés qui ne cherchent que le profit", affirme un pêcheur.

L'équilibre naturel entre le vent, les vagues et les courants est également perturbé par la disparition du sable. Comme l'explique le documentaire, l'extraction du sable crée un vide qui provoque une dégradation des plages et des îles voisines. L'appétit féroce des multinationales a ainsi grignoté 75% des plages dans le monde et englouti des îles entières, comme aux Maldives. Selon le professeur Gary Griggs, "entre 75 et 90% des plages du monde reculent". Outre le désastre écologique, ce recul provoque aussi la perplexité des professionnels du tourisme, comme en Floride, où 9 plages sur 10 sont menacées.

Enfin, comble de l'ironie : le sable prélevé frauduleusement dans les mers n'est pas toujours bien rincé et fragile les constructions qui en bénéficie.

Vers des solutions alternatives

Si l'utilisation du sable dans les ordinateurs est relativement négligeable, celle dans l'industrie du bâtiment est problématique. La spécialiste de l'environnement Kiran Pereira est catégorique : "Nos méthodes n'ont pas évolué depuis un siècle, et ça doit changer". Le documentaire propose donc quelques pistes de substitution. La paille est notamment évoquée comme matériau facilement disponible. L'acier des voitures peut être recyclé, tout comme les anciens édifices voués à la destruction. D'autres matériaux granuleux pourrait servir à la fabrication du béton, comme le sable issu du verre : les bouteilles usagées seraient ainsi intelligemment recyclées.

Concernant l'érosion des plages, une autre piste serait d'ouvrir les barrages : les 845.000 installations construites dans le monde empêchent le sable des rivières de rejoindre le littoral.

"Nous construisons trop. Si l'on ne fait rien, d'ici 2100, les plages seront de l'histoire ancienne", affirme un géologue. Il reste donc à réagir, vite. Car, comme l'indique le film dans une conclusion optimiste, l'avenir du sable n'est pas figé dans le béton.

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2 commentaires

Planète en danger

par Jojo, le 02/09/2015

Excellent documentaire ! La mafia du sable et ses pratiques font froid dans le dos. Pour la planète il est plus que temps de réagir mais étant donne les intérêts colossaux en jeu... Ce sera comme d'habitude, un sujet parmi d'autres à traiter par nos chers politiques.

Sans ressources, quel avenir pour la planète ?

par Teodule De La Martinière , le 07/12/2014

En une centaine d'années d'industrialisation s'appuyant sur la mondialisation et la globalisation, l'humanité est en train de réussir un exploit : celui de participer activement à sa propre éradication de la planète. Prenez un peu le temps de réfléchir et agissez avant qu'il ne soit trop tard. Quel monde voulez vous laisser à vos descendants ? Réveillez-vous !

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