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Le plastiglomérat, une roche née de la pollution plastique

Le plastique que l'on rejette tous les jours dans nos mers et nos océans entraîne des changements profonds dans l'écosystème. Certaines sont plus discrètes que d'autres et c'est le cas du plastiglomérat, l'une des conséquences les plus inédites et inquiétantes de la pollution plastique.
Le plastiglomérat, une roche née de la pollution plastique

On connaît le sac plastique flottant entre deux eaux, la laisse de mer envahie de pailles et de gobelets, ou carrément les ordures occultant le sable. Mais la pollution plastique sait aussi se faire discrète. Récemment par exemple, on a découvert le plasticroûte, du plastique qui "pousse" sur les rochers littoraux. Plus étonnant encore, il y a la roche plastique, plus connue sous le nom de plastiglomérat.

Un agrégat de roche et de plastique

C'est en 2012 qu'une équipe de géologues américano-canadiens est tombée sur de curieuses roches à Hawaï. Des mélis-mélos de pierres de différentes origines mélangés à des bouteilles ou à des brosses à dents en plastique à moitié fondues. Cette nouvelle "matière" est rapidement baptisée plastiglomérat.

Le plastiglomérat est un agrégat de plastique et de roches de diverses natures. Dans cette fusion improbable, le plastique joue le rôle de ciment : en fondant, sous l'action d'une coulée de lave ou d'un feu, il s'accroche à tout ce qu'il rencontre, que ce soit de la roche basaltique, du sable, des coquillages ou tout autre débris naturel. Après avoir refroidi, le résultat est une roche improbable à la texture grotesque.

Géologiquement, le plastiglomérat est classé parmi les roches sédimentaires, dans la sous-catégorie « roches détritiques ».

Une pollution pernicieuse

Naturellement, avoir du plastique qui se fond à un tel niveau dans l'environnement n'est pas une bonne chose et, même s'il est trop tôt pour les connaître précisément, ses effets sur l'écosystème ne peuvent être que négatifs.

Pour donner un exemple, citons le cas des oiseaux qui avalent de temps en temps quelques cailloux pour mieux digérer, les fameux gastrolithes. S'ils avaient le malheur d'avaler du plastique, cela leur serait fatal.

Le plastique est aussi une matière imperméable. En devenant une roche et en s'accumulant assez dans les lits de rivière et les fleuves, il pourrait altérer le cycle de l'eau en l'empêchant de pénétrer dans les nappes phréatiques.

Enfin, il y a le souci de la toxicité : le plastique est une éponge à métaux lourds et à pesticides. Qui sait quels dégâts il occasionnera à la faune, à la flore et à l'eau sur les 100 à 1.000 ans nécessaires à sa dégradation.

plastiglomérat

Le plastique, marqueur de l'Anthropocène ?

Le plastiglomérat a été trouvé à Hawaï, mais l'archipel est sûrement loin d'en avoir l'exclusivité. Il suffit de jeter du plastique dans un feu pour potentiellement former un plastiglomérat : feux de camp, feux de forêt, incinération de déchets ménagers, les possibilités sont nombreuses. De ce fait, pour l'équipe à l'origine de son appellation, cette roche hybride doit très sûrement être présente ailleurs, attendant juste d'être découverte.

En tout cas, avec cette nouvelle forme de pollution, de plus en plus de scientifiques sont d'accord : le plastique est le marqueur géologique idéal pour dater l'Anthropocène, c'est-à-dire l'ère de l'Homme. Commencée à la révolution industrielle (au 14e siècle), cette ère succède à l'Holocène et marque dans l'histoire de la Terre la période où l'Homme est devenu assez puissant pour impacter le climat et la biosphère en entier. Reste à savoir si ce que l'on veut laisser derrière nous est bien une épaisse couche de détritus dans le sédiment.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 21/10/2019
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