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Le mythe des sirènes décrypté

Longtemps, les sirènes ont été associées à la mer et à ses dangers, mais dans notre culture moderne, elles sont devenues de gentilles petites créatures romantiques et sans défense. Une évolution qui est loin d'être la première et qui en dit déjà beaucoup sur la longévité du mythe.
Le mythe des sirènes décrypté
Photo: 123RF

Créatures aquatiques mi-femmes mi-poissons, les sirènes sont passées par différents stades avant de devenir ce qu'elles sont aujourd'hui dans l'imaginaire populaire. La perception de la sirène a ainsi évolué au fil du temps, une transformation qui a commencé par leur apparence.

La sirène grecque et la sirène scandinave

La première mention aux sirènes a été faite par Homère dans son "Odyssée d'Ulysse". Pour rappel, alors que Circé consent à laisser partir Ulysse et son équipage, la magicienne le met en garde contre un danger mortel : "D'abord tu rencontreras les Sirènes, séductrices de tous les hommes qui s'approchent d'elles", continuant un peu plus loin "les Sirènes couchées dans une prairie captiveront ce guerrier de leurs voix harmonieuses. Autour d'elles sont les ossements et les chairs desséchées des victimes qu'elles ont fait périr." Le ton est donné.

La particularité de la sirène grecque, en revanche, est qu'elle est représentée mi-femme mi-oiseau ! Tantôt plongeant sur les marins, tantôt perchée sur des rochers, la sirène est ainsi immortalisée avec un buste de femme, un corps emplumé et des serres.

Dans la mythologie nordique, on parle plus d'un monstre marin, gigantesque, appelé margygr. Elle y est décrite comme ayant des attributs féminins jusqu'à la taille tandis que le reste de son corps est couvert d'écailles et se termine par une queue de poisson. Une description qui colle plus à notre conception de la sirène. Chose amusante, cette double définition se retrouve aujourd'hui encore dans la langue anglaise : le mot mermaid désigne la femme-poisson tandis que le terme siren qualifie la femme-oiseau.

Une image qui a changé au fil du temps

En réalité, Homère n'a à aucun moment décrit ses sirènes, laissant le luxe au lecteur de s'imaginer la créature à sa convenance. Ce fut sans compter les vues artistiques de l'époque qui les ont alors dépeintes comme des harpies, une autre figure de la mythologie grecque. Les sirènes prirent ainsi leur place dans le panthéon en tant que filles de Calliope, une muse fille de Zeus, et d'Achéloos, le dieu du fleuve éponyme. Elles furent transformées en affreuses créatures ailées pour avoir laissé Hadès, le dieu des enfers, enlever Perséphone dont elles avaient la garde.

Croqueuses d'hommes à la beauté exceptionnelle (si l'on exclut leur caractère hybride) et à la voix ensorcelante, les sirènes étaient associées à la mort dans l'antiquité, mais sans pour autant revêtir une aura maléfique. Au Moyen Âge, la femme-poisson prend le pas sur la femme-oiseau, sans doute à cause des navigateurs qui croient la voir en mer, alors qu'en réalité ils ont aperçu un mammifère marin. Avec l'installation du christianisme cependant, la sirène sera plus que jamais diabolisée.

En 1837, Hans Christian Andersen sort son livre "La petite ondine", sans doute la première histoire décrivant la sirène comme un être doué de compassion, d'abnégation et de romantisme qui plus est. Désormais, la sirène est de plus en plus vue comme une héroïne positive, une image que Walt Disney va largement contribuer à asseoir avec son film d'animation "La Petite sirène" sorti en 1989 et inspiré du livre d'Andersen.

Un mythe quasi universel

Dans son Odyssée, Homère n'a évoqué que deux sirènes qui sont Thelxiépéa et Aglaophème. Rapidement cependant, l'imagination des poètes et autres auteurs antiques puis médiévaux leur trouva des sœurs. Les sirènes grecques habitaient une île au large de la Sicile d'où elles ensorcelaient les marins de passage de leurs voix envoûtantes au point de leur faire oublier de se nourrir.

Chez les Scandinaves, les sirènes suivent les bateaux pour leur porter malchance, s'emparant aussi des marins endormis pour en faire leurs amants et les noyer. En Russie, elles sont appelées les roussalki (roussalka au singulier) même si ici elles ne sont pas recouvertes d'écailles et peuvent impunément se promener à terre.

En Irlande et en Écosse, on parle de merrows, tandis qu'en Bretagne on les appelle des Marie Morgane. En Allemagne et en Hollande, la nixe est une sirène d'eau douce aux manières d'aristocrate qui aime attirer les jeunes hommes dans l'eau.

La sirène a même dépassé les frontières de l'Europe, devenant la déesse Mami Wata (ou Mamiwata) en Afrique, Iemanja au Brésil et dans les Caraïbes. En Asie enfin, elle possède différents noms : ningyo au Japon, puteri duyung en Indonésie ou encore jǐngdí en Chine.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 18/10/2017
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