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Le grand retour du commerce maritime à la voile

On pensait la navigation à voile définitivement reléguée au seul domaine des loisirs, pourtant on remarque bien ces dernières années qu'un engouement pour cette ancienne technologie émerge dans le transport de marchandises. Simple phénomène de mode ou réelle volonté de bien faire ?
Le grand retour du commerce maritime à la voile
Photo: Happy Come

Le transport maritime est le poumon de la mondialisation. 90% du commerce mondial passent par les mers et transportent plus de 10 milliards de tonnes de marchandises chaque année. Un chiffre qui ne cesse de croître à mesure que les échanges mondiaux s'intensifient. Pour autant, plus les cargos seront nombreux à croiser dans les océans, plus la pression exercée sur notre planète sera importante.

Une grosse machine à polluer

En plus de grossir avec le temps, la flotte marchande mondiale compte en son sein des navires aussi gros que 4 terrains de football et haut de 30 étages pour embarquer toujours plus de fret. Le transport maritime est le deuxième marché le plus important du monde et c'est par lui que transitent 80% des valeurs mondiales.

Cette course au gigantisme, si elle est bonne pour les affaires, est largement préjudiciable pour l'environnement : 3% des émanations mondiales de gaz à effet de serre proviennent du trafic maritime, un chiffre qui devrait passer à 9% d'ici 2050. On y trouve du C02 donc, mais aussi du dioxyde de soufre, de l'oxyde d'azote et des particules fines de suie qui sont rejetés même à quai. Un cargo polluerait ainsi autant que 50 000 voitures et 16 des plus grands bâtiments créeraient autant de pollution que tout le parc automobile mondial réuni. Leurs rejets posent également de réels problèmes de santé publique dans les villes portuaires comme Marseille.

Le responsable, on le connaît depuis longtemps, c'est le fioul lourd, un dérivé du pétrole utilisé comme carburant par la vaste majorité des navires. Mais même en sachant cela, peu a été fait pour renverser la tendance. Jusqu'à maintenant.

La voile, la panacée ?

Avec l'avènement de l'ère industrielle, la navigation à voile a vite été abandonnée au profit de la vapeur puis des moteurs à explosion. Trop dépendante des conditions météorologiques et nécessitant trop de personnel à bord, elle devenait obsolète face aux impératifs du commerce et de la réduction des coûts. Aujourd'hui pourtant, c'est vers elle que se tournent ceux qui veulent un transport maritime plus écologique à l'instar de la Transocéanic Wind Transport (TOWT) qui fait du fret avec une douzaine de voiliers transatlantiques.

Andreas Lackner est peut-être celui qui incarne le mieux ce mouvement émergent. Sa philosophie ? "Si nous devons transporter quelque chose sur les mers, faisons-le proprement". Il a ainsi créé la Fairtransport en 2007, une compagnie de transport qui utilise 2 voiliers pour convoyer du fret à travers l'atlantique. Écologiste convaincu de sa démarche, il est également à l'origine de l'Ecoliner, un projet de cargo à voile de 140 m et de 8 000 tonnes capable d'emporter 800 tonnes de fret. L'Ecoliner sera un navire hybride qui utilisera 4 énormes voiles pivotantes DynaRig lui permettant d'économiser 50 à 90% de carburant.

Le grand retour des voiles sur nos océans

Mais Andreas n'est pas le seul à vouloir retourner à la voile. À Brest, TOWT planche également sur un cargo à voile, de même que Diane Gilpin, à Southampton, qui travaille avec l'architecte naval Rob Humphreys sur le B9 Ship. À Nantes, c'est Nils Joyeux et sa start-up Zéphyr et Borée qui rêvent d'un navire utilisant des voiles rigides et télescopiques pour avancer.

Tous ces entrepreneurs ont réussi à démontrer que, maîtrisé avec la bonne technologie, le vent permettait d'avancer aussi vite qu'un porte-conteneurs tout en brûlant un minimum d'hydrocarbure, et même sans en brûler du tout. En s'équipant correctement et en automatisant certaines manœuvres, il devient également possible de limiter le nombre de marins pour naviguer. On peut ainsi dire qu'aujourd'hui, après l'avoir délaissé pendant un siècle, l'Homme réapprend à se servir du vent : le commerce maritime à voile semble avoir le vent en poupe.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 23/02/2018
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