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Le corail noir, aussi rare que précieux

Les coraux que l'on a l'habitude de voir sont généralement hauts en couleurs et accueillent une vie foisonnante. Mais dans leur incroyable diversité se trouve une espèce tout ce qu'il y a de plus sobre : le corail noir. Cette espèce est ainsi bien loin de l'extravagance des barrières de corail, ce qui ne l'empêche pas pour autant d'être très recherchée.

Le corail noir, aussi rare que précieux
Photo: Carole Miron

Le corail noir est un ordre regroupant plusieurs espèces rares que l'on ne trouve qu'en profondeur. De son nom scientifique Antipatharia, c'est un corail dur qui pousse comme un buisson avec ce que cela implique en ramification et en volume. Il s'agit pourtant bien de polypes vivant en colonie sur un squelette.

Une espèce fascinante

Branches effilées couvertes de polypes duveteux, colonie poussant comme un fourré, le corail noir surprendra tout plongeur qui aurait la chance de tomber sur lui. Mais sa caractéristique la plus déconcertante est ailleurs puisque contre toute attente, le corail noir est en fait blanc, voire jaune clair dans certains cas !

Mais alors, d'où peut bien lui venir son nom ? Eh bien, de son squelette qui, au contraire de la majorité des coraux, n'est pas fait en carbonate de calcium mais en kératine. On y trouve également de l'antipathine, une protéine brune à base de souffre à qui il doit sa couleur. Chez certains par contre, le squelette n'est visible qu'une fois le corail débarrassé de ses polypes, autrement dit, une fois mort.

Ce corail se rencontre en profondeur à partir de 40 mètres jusqu'à plus de 8.500 mètres. Il s'y fixe généralement sur un rocher et y pousse doucement pour atteindre parfois les 2 mètres de haut. Enfin, même s'il est rare, le corail noir peut se trouver partout que ce soit au large de la Bretagne, dans la Méditerranée, dans l'océan Indien ou même dans les eaux glacées de l'antarctique et de l'arctique. Il ne peut toutefois pas se développer dans les mers fermées ni dans de l'eau douce ou saumâtre.

Exploité pour une poignée de bijoux

Ce qui fait la valeur du corail noir, c'est son succès en bijouterie où il est transformé en gemme organique. Grâce à la kératine et à l'antipathine en effet, son squelette est brillant tout en étant d'un noir profond. Son aspect après polissage séduit les amateurs de belles choses et les joailliers, surtout qu'il est facile à travailler pour un excellent rendu. Pas étonnant ainsi que le corail noir soit utilisé comme parure et talisman depuis l'antiquité.

L'animal est pourtant inscrit en annexe 2 du CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), ce qui devrait en limiter fortement le commerce, et il est même totalement interdit à la vente dans certains pays. Cela n'a cependant pas empêché un marché parallèle de sévir avec, en amont, un braconnage intensif. Dans le sud et sud-est de Madagascar par exemple, le trafic de corail noir continue de faire les choux gras malgré des arrestations fréquentes. L'hémorragie est si importante que l'on a surnommé ce corail le "bois de rose des mers", le bois de rose étant l'une des nombreuses ressources largement pillées sur la Grande Île.

Au final, le corail noir est aujourd'hui en mauvaise posture entre le braconnage, le chalutage qui détruit les fonds marins où il réside, et la lenteur de sa croissance. Espérons que l'Homme saura tout de même protéger cette espèce magnifique.

>> A lire aussi : Menaces sur la Grande Barrière de corail

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