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La pêche au cormoran, une pêche de tradition

La pêche au cormoran est une méthode de pêche ancestrale qui étonne et émerveille à la fois. La preuve que nous pouvons très bien subvenir à nos besoins en travaillant avec la nature et, surtout, sans la polluer inutilement.

La pêche au cormoran, une pêche de tradition
Photo: Francoise Gaujour

Dans la pêche au cormoran, nul besoin de filets ou de cannes, un oiseau suffit. Après, il est vrai que le cormoran n'est pas n'importe quel oiseau. Il s'agit d'une espèce aquatique rompue à la pêche sous-marine, un véritable Rambo des eaux dont les capacités physiques ne laissent aucune chance aux poissons d'en face.

Un pêcheur redoutable

Le cormoran est un palmipède nichant généralement à flanc de falaise et sur les côtes rocheuses. Il se nourrit de poissons et pour chasser sa pitance, il a mis au point une technique d'une redoutable d'efficacité : il commence par nager quasi entre deux eaux, ne laissant dépasser que sa tête. En cela, il est aidé par son plumage qui, au contraire des autres oiseaux aquatiques, est perméable et lui permet de s'alourdir pour plonger facilement. Une fois sa proie repérée sous l'eau, il lui fonce dessus en s'aidant de ses pattes palmées.

Le cormoran peut plonger jusqu'à 40 mètres de profondeur et retenir sa respiration pendant 2 minutes. Une fois son poisson avalé, le cormoran remonte à la surface où il doit se sécher les ailes avant de pouvoir s'envoler. Un cormoran adulte peut ainsi engloutir 2 kg de poissons par jour, voire beaucoup plus.



Une tradition millénaire

Les premières traces de domestication du cormoran pour la pêche remontent à 1 300 ans au Japon, mais beaucoup s'entendent à dire que cette pêche de tradition a plutôt commencé en Chine.

Le cormoran est capturé adulte pour être dressé et tout du long de son apprentissage, il sera traité avec égard pour qu'un vrai lien puisse se développer entre lui et son maître. Une fois prêt, l'oiseau est emmené à bord d'une barque qui lui sert de plate-forme de pêche. Le pêcheur lui pose alors une cordelette serrée à point à la base du cou de manière à ce qu'il ne puisse pas avaler le poisson qu'il attrape. Cette ligature ne lui fait aucun mal, mais permet de récupérer le ou les poissons qui se coinceront alors dans sa gorge.

Au début de sa carrière, le cormoran est tenu en laisse, mais à mesure qu'il prendra de l'expérience, son maître le laissera aller librement. Il reviendra alors de lui-même à la barque une fois la gorge pleine, même s'il aura alors besoin d'aide pour sauter dedans et régurgiter le produit de sa pêche. Ce n'est qu'à la toute fin qu'il sera récompensé de ses efforts avec quelques poissons.

Un équipage de pêche se compose de deux à une dizaine de cormorans, les espèces les plus utilisées étant le grand cormoran et le cormoran de Temminck.



Une pratique sans frontière

Si la pêche au cormoran a vu le jour en Chine, elle s'est vite exportée. Au Japon, cette pêche prend le nom de ukai et ne sert plus aujourd'hui que d'attraction touristique comme durant le festival de Nagaragawa à Gifu. Il en est de même en Chine où les rares pêcheurs qui la pratiquent encore le font surtout pour attirer les touristes et profiter un peu de la manne qu'ils apportent.

En Europe, la pêche au cormoran était aussi pratiquée en Angleterre et en France où elle a été supplantée par des méthodes de pêche plus efficaces.

Photos : Shahin Abasov / Leonard Witzel

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 07/06/2018
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