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La fin de vie des bateaux, ou quand le voyage arrive à son terme

Après plusieurs décennies de bons et loyaux services, c'est la fin de vie qui attend un bateau. Une phase qu'il importe de bien aborder, mais qui s'avère être plus compliquée qu'elle n'y paraît.
La fin de vie des bateaux, ou quand le voyage arrive à son terme

Un bateau possède une durée de vie oscillant entre 10 et 50 ans, 30 ans en moyenne. Arrivé à ce terme, il doit être correctement détruit, un processus bien plus compliqué que d'amener une voiture à la casse et auquel peu de propriétaires se soumettent.

Démantèlement et revalorisation

La façon la plus sensée de traiter un bateau en fin de vie est de le démolir afin d'en recycler les parties qui peuvent l'être et d'envoyer le reste à la casse.

En France, cela s'appelle la déconstruction : tout d'abord, on désimmatricule puis on radie le bateau de la francisation (Affaires Maritimes, puis les Douanes). Ensuite, on procède à un diagnostic environnemental avant de le démanteler, en prenant soin d'éliminer les déchets dangereux et de traiter les déchets polluants qu'il contient.

Les équipements sont bien sûr récupérés et les déchets pouvant être valorisés partent en recyclage. Tout ce qui reste après ce tri est broyé, ne laissant plus rien du navire.

Sabordement, échouage et cimetières sauvages

L'ennui avec la déconstruction est qu'elle a un coût. Pour reprendre l'exemple de la France, ce coût oscille entre 400 et 3.000 euros selon la taille du bateau, et, évidemment, il est à la charge du propriétaire. Un montant non négligeable qui, additionné aux complications inévitables (transport, papiers administratifs, etc.), fait que 80 à 90% des propriétaires de bateaux en fin de vie préfèrent s'en débarrasser autrement.

Et ce qui est vrai en France est aussi vrai ailleurs : pour des raisons pratiques, financières, ou tout simplement parce que c'est plus facile comme ça, les navires hors d'usage sont purement et simplement envoyés par le fond, quand ils ne sont pas abandonnés sur une côte au mépris le plus total de l'environnement.

Ainsi se forment ces cimetières sauvages de bateaux anonymes, que l'on croise presque toujours là où une activité maritime s'est développée.

épave

D'immenses casses à ciel ouvert

A navires exceptionnels, mesures exceptionnelles. La fin de vie des gigantesques bâtiments qui sillonnent nos océans donne lieu à des casses à la hauteur de leur démesure. La plus célèbre d'entre elles est sûrement la baie d'Alang, dans le golfe de Cambay, en Inde. Sur 10 kilomètres de littoral, on y trouve près de 150 chantiers navals, tous spécialisés en une seule chose : la démolition de navires.

A Alang se démantèlent 50% des gros navires en fin de vie de la flotte mondiale. Bateaux de croisières et supertankers s'y font découper et démembrer par une armée de petites mains pour que leurs mobiliers hétéroclites, canots de sauvetage et câbles en tout genre aillent alimenter le marché de l'occasion local. Quant à l'acier des coques, il est refondu pour être recyclé.

Malheureusement, comme toujours quand l'Homme court après les profits, ce business se fait au détriment de l'environnement et de son prochain : amiante, métaux lourds, fioul, tous les déchets toxiques que peuvent contenir ces monstres sont libérés dans la nature sans être traités. Ils empoisonnent ainsi l'environnement, mais aussi les ouvriers, pauvres et exploités, qui travaillent sans aucune protection sur les chantiers. Les accidents, parfois mortels, y sont d'ailleurs monnaie courante.

Hélas, la demande est forte et ce genre de casses peu enclines à suivre les normes aussi bien de sécurité qu'environnementales se multiplient en Asie du Sud. Que ce soit aux Philippines, au Bangladesh ou encore en Chine, tous veulent une part de ce gâteau qui pèse plusieurs milliards d'euros.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 23/01/2020
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