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La Bolivie et la mer, une revendication centenaire

La Bolivie a perdu sa ville côtière d'Antofagasta à l'issue de la Guerre du Pacifique, à la fin du XIXème siècle. Malgré la signature d'un traité avec le Chili en 1904, le pays persiste à retrouver un accès souverain à la mer pour favoriser ses exportations. Il a obtenu une première victoire en septembre 2015.

Pour la plupart des gens, la Guerre du Pacifique se déroule entre 1941 et 1945, et viennent à l'esprit des noms tels que Pearl Harbor, Midway, ou Iwo Jima.

Il y a eu cependant une autre Guerre du Pacifique 60 ans plus tôt dans une autre partie du globe : l'Amérique du Sud. Entre 1879 et 1883, un conflit pour le contrôle des ressources naturelles éclate entre la Bolivie, le Pérou et le Chili. Ce dernier sort vainqueur et s'empare de la ville péruvienne d'Iquique et de la cité bolivienne d'Antofagasta.

Les territoires concernés sont recouverts par le désert d'Atacama, mais la production de guano et de salpêtre leur donne une grande importance économique. L'enjeu du conflit lui a d'ailleurs valu un autre nom : la guerre du Salpêtre.

La Bolivie privée d'accès à la mer

La principale conséquence pour la Bolivie ne réside pas en la perte de 125.000 km² de territoire. Ni même la perte des gisements de guano et de salpêtre. C'est avant tout sa situation désormais enclavée à l'intérieur des terres sud-américaines.

Le pays fondé par Simón Bolívar possède d'immenses ressources naturelles, comme l'argent puisé dans les mines du Cerro Rico à Potosí, à près de 4800 mètres d'altitude. Mais, pour les exporter, il devient nécessaire de traverser le territoire chilien, ou bien de les transporter par voie terrestre et fluviale jusqu'à la côte Est du continent.

Le commerce bolivien à travers le territoire chilien est régi par le Traité d'Antofagasta, signé en 1904. Celui-ci donne à la Bolivie une autorité douanière dans les ports chilien pour les marchandises à destination de la Bolivie, ainsi que des facilités pour le transit des marchandises entre les ports et la frontière boliviano-chilienne. Le Chili affirme donc que, dans les faits, la Bolivie dispose déjà d'un accès à la mer puisque le port d'Arica fonctionne à 80% au bénéfice de la Bolivie.

Cependant, le gouvernement bolivien ne l'entend pas de cette oreille. Le ministre bolivien des Affaires Étrangères, David Choquehuanca, affirme que le Chili ne respecte pas les termes de l'accord et cause à la Bolivie une perte de compétitivité de 25%.

En attendant, le président bolivien Evo Morales a signé en février 2015 un accord avec son homologue uruguayen pour l'utilisation du port en eaux profondes de Rocha, dont la construction est prévue dans les années à venir. La construction d'une voie ferrée jusqu'au Paraguay est également prévue, ce qui donnerait à la Bolivie un accès à l'Océan Atlantique via le Rio Paraná.

Une première victoire diplomatique

Depuis plus d'un siècle, la Bolivie tente de faire valoir ses droits. Malgré les importants progrès connus ces dernières années, la Bolivie reste encore un pays très pauvre. En récupérant un accès souverain à la mer, le développement du pays andin connaîtrait sans nul doute un coup d'accélérateur au plus grand bénéfice de la population.

En septembre 2015, la Bolivie a obtenu une première victoire en ce sens. La Cour Internationale de Justice de la Haye a en effet déclaré être compétente pour juger cette revendication territoriale. Bien que ce soit là un camouflet diplomatique, la présidente chilienne Michelle Bachelet présente cette décision comme un non-événement sans conséquence pour le Chili et son intégrité territoriale.

Ce n'est là que le début du marathon judiciaire qui prendra des années, mais Evo Morales pourra porter à son crédit cette victoire qui redonne de l'espoir au peuple bolivien.

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