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Îles Éparses, petits bouts de France dans l'Océan Indien

Les Îles Éparses sont très méconnues, mais d'une importance capitale pour la France. Ces cinq îles situées autour de Madagascar sont minuscules mais possèdent une immense ZEE dotée d'un grand potentiel économique. Les revendications territoriales de la part de Madagascar et de l'Île Maurice se font sentir sur ces îlots déserts et quasiment inhabitables.

La France a de très nombreuses possessions de par le monde. Certaines sont très connues, comme Tahiti, d'autres sont très grandes, comme la Guyane. Et il y a aussi des territoires très petits et inconnus pour la plupart des gens. C'est le cas des îles Éparses, un groupe d'îles perdues dans l'Océan Indien.

Description des îles Éparses

Les Éparses sont un ensemble de cinq îles ou groupes d'îles sous souveraineté française, situées autour de Madagascar : les îles Glorieuses, Juan De Nova, Europa, Bassas Da India et Tromelin, la seule à ne pas être située dans le Canal du Mozambique. Il ne s'agit pas d'un archipel car ces îles (comme leur nom l'indique) sont éloignées les unes des autres et n'ont pas de lien géologique entre elles. Tout au plus une dénomination administrative correspondant au 5ème district des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF).

Ces îles ont été colonisées par la France à la fin du XIXème siècle, comme la plupart des autres îles du secteur. Elles ont alors été placées sous la dépendance administrative de Madagascar pour celles situées dans le Canal du Mozambique, et de La Réunion pour Tromelin.

En raison notamment de leur très petite taille, ces îles n'ont pas fait l'objet de revendication lors de l'indépendance de Maurice, de Madagascar, des Seychelles et des Comores.

Des îles d'un intérêt certain pour la France

Hormis Europa qui possède 33 km² de terres émergées, toutes les autres ont une superficie émergée de moins de 10 km². Bassas da India est un cas particulier car son point culminant est à 2,4 m d'altitude et sa superficie émergée se réduit à 0,2 km² à marée haute…L'importance de posséder de tels confettis un peu partout dans le monde n'est véritablement apparu qu'après l'indépendance des îles voisines.

Ces îles sont quasiment inoccupées, si ce n'est par des météorologues qui font fonctionner les stations météorologiques utiles pour la prévention des cyclones, ainsi que par quelques militaires faisant respecter la souveraineté nationale sur ces territoires et leurs réserves naturelles. Des navires de la Marine Nationale y font également des patrouilles.

Mais là n'est pas le principal intérêt pour la France. Chaque mètre de côte d'un territoire insulaire aussi petit soit-il est accompagné d'une zone économique exclusive (ZEE) large de 200 milles marins (370 km), ce qui représente une surface totale de 640.000 km² avec Mayotte, autrement dit plus que le territoire total de la France métropolitaine.

Dans cette ZEE, la France est seule habilitée à donner des autorisations pour la pêche ou... la prospection minière ! Car c'est en effet là que se trouve l'intérêt principal de ces îles. Depuis la fin des années 1970, le Canal du Mozambique est réputé être riche en gaz, en pétrole et en métaux dont la France serait la principale bénéficiaire.

Les revendications malgache et mauricienne

A l'époque coloniale, les îles du Canal du Mozambique étaient rattachées administrativement à Madagascar. Mais quelques semaines avant de rendre son indépendance à Madagascar en juin 1960, le Général de Gaulle fait dépendre les îles Éparses directement de la métropole, ce qui a pour conséquence de priver les Malgaches d'îles qu'ils considéraient comme parties intégrantes de leur territoire. Le président malgache de l'époque, Philibert Tsiranana, pro-français notoire, a laissé couler l'affaire et ce n'est qu'à sa succession en 1972 que le nouveau président Didier Ratsiraka porte ses revendications devant les instances internationales. L'affaire est sensible pour les Malgaches, devenant même un sujet central de l'élection présidentielle de 2013. Pendant ce temps, la France conserve sur les îles sa présence militaire et météorologique.

Le cas de Tromelin est différent. C'est la seule des îles Éparses à être située hors du Canal du Mozambique. Elle est française depuis 1776, et elle est revendiquée non pas par Madagascar mais par l'Île Maurice. Pas de ressources minières, mais une immense ZEE. Tromelin était autrefois rattachée à l'Îsle de France, actuelle Île Maurice. Avec le traité de Paris consécutif à la défaite de Napoléon en 1814, Maurice et ses dépendances passent sous pavillon britannique. Néanmoins, une divergence d'interprétation entre les versions anglaise et française du traité concernant Tromelin provoque une ambiguïté sur l'appartenance de l'îlot. En raison de l'attachement de Mitterrand pour Maurice, la cogestion de Tromelin avait été envisagée et s'est concrétisée par la signature en 2009 d'un accord qui devait être ratifié en janvier 2017. Néanmoins, des voix se sont élevées pour s'opposer à ce qui était perçu comme un abandon de souveraineté et le vote a été reporté sine die.

Par Charles LorrainPublié le 27/04/2017
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