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Faut-il fermer la mer du Nord pour lutter contre la montée des eaux ?

Pour se prémunir contre l'élévation du niveau de la mer, un océanographe néerlandais a pensé à une idée radicale : isoler complètement la mer du Nord et en faire un lac. Une idée étonnante, folle même, mais peut-être pas si piquée que ça.

Le réchauffement climatique fera monter le niveau de la mer de 2 mètres d'ici 2050 et les eaux n'épargneront évidemment pas l'Europe. De Londres à Venise, en passant par Rouen ou encore Dunkerque, la liste des villes en sursis est longue. Pour échapper au pire, le Dr Sjoerd Groeskamp, océanographe au très sérieux Institut royal néerlandais de recherche sur la mer, a évoqué une solution très ambitieuse : endiguer la mer du Nord pour contenir son élévation.

Deux barrages à la mer

La proposition du Dr Sjoerd Groeskamp est simple sur le papier, gargantuesque dans sa réalisation : fermer la mer du Nord avec deux barrages géants, l'un la condamnant au sud et l'autre au nord.

Celui du sud relierait les Cornouailles, dans l'extrême sud-ouest de l'Angleterre, à Plouescat, dans la pointe nord de la Bretagne, soit un barrage long de 160 km. Celui du nord est un tout petit peu plus ambitieux et partira du nord de l'Écosse jusque dans le comté de Hordaland, en Norvège. Le barrage fera ainsi pas moins de 480 km !

Les deux dispositifs sont prévus pour isoler totalement la mer du Nord, éliminant tout risque de montée de ses eaux et protégeant 25 millions de personnes résidant, selon les projections, dans des zones inondables.

Économiquement et techniquement réaliste

Sjoerd Groeskamp a mis au point son idée avec l'aide d'un mathématicien, le Dr Joakim Kjellsson, travaillant à l'institut allemand GEOMAR. Et pour la quantifier, les deux scientifiques se sont appuyés sur des réalisations existantes. Ils ont ainsi estimé son coût entre 250 et 500 milliards d'euros. Loin de se démonter, Sjoerd et Joakim ont démontré qu'il s'agit là d'une estimation viable, car sur une projection de 20 ans et en partant du principe que les 14 pays bénéficiaires du projet participent à son coût annuel, cela ne correspondrait qu'à 0,1% de leur PIB.

Rien d'insurmontable non plus côté technique selon Sjoerd Groeskamp. Il rappelle que l'on sait aujourd'hui poser des plateformes à 500 mètres de fond. Or, entre l'Angleterre et la France, la mer du Nord va rarement au-delà des 100 mètres de profondeur. Le seul vrai challenge se trouve au large de la Norvège où elle descend à 320 mètres. Sinon, de là à l'Ecosse, la profondeur moyenne n'est "que" de 127 mètres.

Dans leur globalité, les travaux des deux scientifiques ont également reçu l'approbation d'experts internationaux qui en reconnaissent la viabilité théorique. Reste que transformer ainsi une mer en lac ne se fait évidemment pas sans conséquences.

Barrages en mer : quels impacts sur l'écologie ?

La première répercussion notable sera la disparition des marées, ce qui bouleversera tous les écosystèmes côtiers. Petit à petit également, l'eau de la mer du Nord se dessalera jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de l'eau douce. L'impact sur l'environnement, là aussi, sera énorme.

Par ricochet, les pêcheurs et autres ostréiculteurs vont également souffrir de tous ses bouleversements, et comme les rivières continueront à se jeter dans l'ancienne mer, il faudra penser à installer d'énormes pompes pour éviter que son niveau ne monte quand même. Logique.

Pour le Dr Sjoerd Groeskamp, les coûts et conséquences engendrées par son projet ne signifient pas grand-chose comparés à ceux que provoquera l'inaction face à la montée des eaux. Il invite ainsi tous les gens concernés à trouver une solution pertinente au changement climatique, avant que ses barrages de l'extrême ne deviennent la dernière à prendre.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 20/04/2020
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