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En réalité, les poissons n'existent pas !

Les sciences de l'évolution sont elles-même en évolution permanente. Des catégories du vivant, pourtant établies par les communautés humaines depuis des siècles pour leur utilité quotidienne, sont remises en causes par les scientifiques car elles n'ont pas de pertinence d'un point de vue de l'évolution. C'est le cas des poissons.
En réalité, les poissons n'existent pas !
Photo: wmwmwm

Les poissons existent sur l'ensemble du globe, en eau douce comme en eau de mer. Tous les peuples en ont consommé depuis des dizaines de milliers d'années, si bien qu'il existe dans toutes les langues un mot signifiant "poisson". Quoi d'étonnant puisque chacun sait ce qu'est un poisson. Enfin, en est-on vraiment sûr ? Pas tout le monde manifestement puisque, pour certains, les poissons n'existent pas !

Évolution et classification du vivant

La théorie moderne de l'évolution remonte au 19ème siècle, avec des gens comme Lamarck, Darwin et d'autres. Alors que le créationnisme, véhiculé par l'Église et en vigueur jusque-là, affirme que les êtres vivants ont été créés par Dieu et ont toujours été tels que nous les connaissons, l'évolutionnisme affirme que les êtres vivants ont changé au cours du temps.

Les sciences qui s'intéressent à ce champ de la connaissance s'appellent les sciences de l'évolution. Elles tentent de comprendre comment les êtres vivants (animaux, plantes, champignons, microbes et autres) ont évolué avec le temps, comment certains caractères sont apparus et d'autres ont disparu, pourquoi certaines caractéristiques procurent un avantage dans la compétition pour la survie... Elle s'occupe également de classer les êtres vivants.

Au fond, qu'est-ce qu'un poisson ?

Si l'on en croit la définition donnée sur Wikipedia (tirée de l'ouvrage de Joseph S. Nelson, "Fishes of the World", John Wiley & Sons, 2006), un poisson est un animal "avec un crâne cartilagineux ou osseux qui protège la partie antérieure du système nerveux, possédant des branchies toute leur vie et qui peuvent posséder des nageoires, mais pas de patte".

Ils ont conquis de nombreux milieux naturels et sous des formes différentes. Ces différences ne sont pas toujours évidentes à remarquer à l'œil nu et n'ont finalement que peu d'importance dans la vie de tous les jours. Par contre, pour les naturalistes, il en est autrement : des différences de structures de nageoires, de squelette ou d'appareil reproducteur peuvent traduire des trajectoires évolutives très différentes. Dans les classifications classiques, en place depuis Linné, basées sur l'apparence et anthropocentrées, les poissons avaient toute leur place. Cependant, depuis les années 1950, c'est la classification phylogénétique qui s'est imposée et a remis en cause un certain nombre de catégories, et pas des moindres.

Les poissons ont simplement disparu

Le courant majoritaire dans les sciences de l'évolution classe les espèces non pas suivant leur caractéristiques physiques mais selon leur "lien de parenté". Parenté évolutive entre espèces, bien entendu. C'est ce qu'on appelle la classification phylogénétique.

Qu'en est-il des poissons ? Et bien il se trouve que l'ensemble des espèces qu'on avait l'habitude de désigner sous le taxon "poisson" ne descend pas d'un ancêtre commun et ne peuvent par conséquent être regroupées sous un clade unique. Désormais, on parle de Pétromyzontides, de Chondrichtyens, d'Actinoptérygiens, de Sarcoptérygiens. Ou encore, en termes moins ésotériques, de poissons sans mâchoire mobile (lamproie), de poissons cartilagineux (requins), poissons à nageoires rayonnées (esturgeon, saumon...) et de poissons à nageoires charnues (cœlacanthe).

Pour prendre un exemple concret, les nageoire du cœlacanthe ressemblent à des embryons de pattes, ce que ne possèdent pas d'autres poissons comme la truite ou d'autres. Par conséquent, dans l'arbre de l'évolution, le cœlacanthe est plus proche de l'homme que de la truite ! C'est pour cette raison que la super-classe des poissons a été supprimée de la classification phylogénétique, mais reste cependant conservée dans d'autres écoles minoritaires.

Les poissons ne sont pas les seuls à avoir ainsi disparu. Les reptiles ont aussi eu droit au même sort pour des raisons similaires : les lézards sont plus proches des oiseaux que des crocodiles par exemple.

Enfin, rassurons-nous: si les poissons n'existent pas, le ceviche et la bouillabaisse, eux, existent toujours. L'essentiel est sauf.

Par Charles LorrainMis à jour le 19/07/2018
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