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Du sable et un mur : la dernière plage non mixte d'Europe

La plage est un espace associé aux vacances, aux loisirs et surtout à la liberté. Avoir un mur scindant cet espace en deux n'est donc pas courant, voire inapproprié. C'est pourtant ce qui se passe dans la ville italienne de Trieste.

Sur la plage de Pedocin, à Trieste, les hommes et les femmes ne se baignent pas ensemble : ils sont séparés par un long mur de briques qui se prolonge jusque dans l'eau. Hommes et femmes sont ainsi cantonnés de leur propre côté du mur avec la stricte interdiction de le traverser.

Une réalité que l'on serait tenté de qualifier durement, entre incompréhension et incrédulité, surtout quand on se dit que cela se passe en Italie, un pays européen. Et pourtant, à Trieste, on est loin de considérer ce mur comme liberticide. Au contraire, on y tient.

Une identité fractionnée

Le mur de Pedocin se trouve à Trieste, une agglomération située toute au nord-est de l'Italie. C'est une belle ville d'eau logée en plein golf Adriatique, dégageant une certaine mélancolie qui ne manquera pas de toucher les plus sensibles. Cette ville a ceci de particulier qu'elle se trouve à 10 minutes à peine de la Slovénie. Une situation particulière qui lui vaut aujourd'hui encore quelques problèmes d'identités, à l'instar de notre Alsace : avant la Première Guerre mondiale, le territoire de Trieste, alors plus grand qu'actuellement, appartenait à l'empire austro-hongrois.

Après la guerre, la ville tomba dans l'escarcelle de l'Italie alors même qu'elle était aussi réclamée par ce qui allait devenir plus tard l'ex-Yougoslavie. Durant la Seconde Guerre mondiale, le territoire fut occupé par les Allemands avant que les alliés ne la libèrent à la fin du conflit. Trieste fut alors divisée en deux : un côté est allé aux troupes anglaises et américaines, tandis que l'autre est allé à la jeune Yougoslavie. Un traité de 1977 scella ensuite cette disposition, laissant une grande partie du territoire oriental de Trieste aux Yougoslaves et remettant la ville entre les mains de l'Italie. Aujourd'hui encore, à cause de la disparition de la Yougoslavie, Trieste est l'objet de vives négociations entretenues par des personnes souhaitant réunir ses deux "régions".

Le mur de la fraternité

Avec un tel passé, il n'est pas étonnant qu'une atmosphère peu commune flotte sur la ville. Le mur de Pedocin n'est ainsi pas vu de manière offensante par les Triestins, au contraire. Il s'agit là pour eux de leur histoire, d'une identité forgée par un sentiment d'appartenance à une culture mixte. Ce mur, qui date d'ailleurs d'avant la Première Guerre, est donc pour eux plutôt synonyme d'indépendance et d'unité. Tous les habitants de la ville se retrouvent sur cette plage, tous âges et classes sociales confondus. Et puis, dire que le mur est infranchissable est un peu exagéré : les enfants, eux, ont le droit de passer d'un côté comme de l'autre, du moment qu'ils ont moins de 12 ans.

Par Andriatiana RakotomangaPublié le 07/07/2016
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