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Des serveurs sous la mer, l'informatique de demain

Jusqu'ici, les serveurs informatiques étaient réunis dans de vastes salles, voire des bâtiments dédiés. Une firme célèbre a eu l'idée de les immerger au fond de l'océan. Ainsi est né le data-center sous-marin.
Des serveurs sous la mer, l'informatique de demain
Photo: Microsoft Research

Ce début de XXIème siècle est définitivement marqué par la croissance exponentielle du numérique. Ce n'est pas qu'un bond technologique, c'est également une révolution sociale qui bouleverse nos modes de vie.

Un fonctionnement exigeant

Cette technologie prend de plus en plus de place. Pas seulement dans nos vies, mais également physiquement, par les infrastructures qu'elle exige. Il y a les "tuyaux" qui font circuler les données d'un continent à l'autre et jusqu'à votre domicile. Il y a aussi les centres de données, également appelés datacenters, qui concentrent des serveurs sur lesquels sont stockées les quantités de données gigantesques récoltées et mises à dispositions par les sites, les réseaux sociaux...

Et il y a aussi un autre élément, auquel on ne pense pas de prime abord : les centrales électriques. Car les centres de données consomment de très importantes quantités d'énergie non seulement pour leur fonctionnement, mais également pour leur refroidissement. C'est d'ailleurs pour cette raison que les plus gros datacenters sont implantés à proximité des centrales électriques.

L'idée originale d'un géant informatique

L'entreprise Microsoft a eu une idée géniale permettant de s'attaquer à plusieurs problèmes en même temps : le data center immergé en pleine mer. La firme a tout prévu pour le bon fonctionnement de son système :

> Le refroidissement
L'eau de mer permet de refroidir les serveurs sans groupe froid, par simple pompage. Mais l'eau de mer est salée et corrosive. Elle ne peut pas être utilisée directement pour le refroidissement. Cependant, il suffit de faire circuler de l'eau douce ou un autre fluide caloriporteur dans un échangeur pour refroidir les serveurs en consommant très peu d'énergie.

> La consommation d'énergie
Les datacenters peuvent être couplés à des dispositifs d'énergie marine renouvelable, comme les hydroliennes ou les éoliennes en mer.

> La proximité avec les utilisateurs
Sur le site internet de son projet, Microsoft rappelle que 50% de la population mondiale vit à moins de 200 km des côtes et que l'installation de datacenters en mer est donc très pertinente pour les rapprocher de leurs utilisateurs.

Le projet Natick

Microsoft a donc lancé le projet Natick en suivant l'idée émise par un de ses cadres. En 2015, Microsoft a immergé pendant 105 jours à 30 mètres de profondeur un centre de données de petite dimension dénommé Leona Philpot afin d'avoir un premier retour d'expérience. Il s'agissait du projet Natick 1.

En 2016, Microsoft veut tenter l'expérience d'une installation opérationnelle de plus grande dimension : c'est le projet Natick 2. Comme la firme a une grande compétence en matière de datacenters mais aucune sur le milieu marin, un appel d'offres a été lancé. C'est le Français Naval Group (ex Direction des Constructions Navales) qui a remporté le marché. Naval Group construit non seulement des navires et des sous-marins nucléaires, mais s'est également diversifié dans les énergies marines renouvelables. La fabrication du datacenter Natick 2 a été répartie sur différents sites de l'entreprise (Ollioules, Cherbourg, Brest).

Description d'une installation

Le nouveau data center s'intègre dans une coque cylindrique de 12,2 mètres de long et 2,8 mètres de diamètre. La consommation estimée est de 240 kW pour 864 serveurs, ce qui reste tout de même très modeste par rapport aux centres de données déjà installés à terre. Le tout a été immergé en Écosse, près des îles Orcades, où il devrait rester durant cinq ans, dont un an en fonctionnement opérationnel. Ces îles, dont la population s'élève à 10.000 habitants, ont pour particularité d'être alimentées exclusivement à partir d'énergies renouvelables et d'héberger le Centre Européen des Energies Marines.

Tout n'est cependant pas rose : ces installations sont très difficiles à maintenir et il n'est pas question de les sortir de l'eau en cas de panne. Elles doivent donc être d'une fiabilité à toute épreuve, avec de nombreuses redondances. Le retour d'expérience sera, à n'en pas douter, d'un grand bénéfice pour tous. Microsoft fera fonctionner ses centres de données à moindre frais, Naval Group et la France maîtriseront une technologie d'avenir, et l'environnement sera moins pénalisé par la croissance exponentielle de l'économie numérique.

Par Charles LorrainPublié le 02/07/2018
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